Entretien d'embauche : la confiance en soi change tout

Impossible de convaincre un recruteur si vous ne croyez pas en vos propres compétences. Quatre professionnels nous expliquent pourquoi se montrer confiant en entretien d’embauche est primordial et nous livrent leurs conseils pour cultiver une énergie positive.

Montrer que l’on sait où l’on va


Si vous aviez un poste à attribuer à un candidat, lequel choisiriez-vous : celui qui fait preuve d’assurance ou celui qui est hésitant ? Certainement le premier. Et pour cause : « c’est rassurant, pour un recruteur, d’avoir face à lui un candidat qui est bien dans ses baskets et qui sait où il va, même s’il n’a pas réponse à tout », souligne Noémie Cicurel, directrice de Robert Half International.
D’autant qu’une fois en poste, les candidats confiants donnent généralement plus de satisfaction. « Ils s’aventurent plus facilement dans différents concepts, sortent des sentiers battus et font preuve d’une forme d’innovation et de créativité », décrypte David Sampoux, directeur des ressources humaines de NextiraOne France.
La confiance en soi est une qualité d’autant plus appréciée lorsqu’elle concerne des profils évoluant dans la vente, la communication ou la conduite de projet. « Et plus généralement, les postes basés sur l’interrelationnel », résume Eve Chegaray, coach professionnelle.

La confiance en soi, mieux qu’une compétence ?


Avoir confiance en soi est une qualité essentielle pour réussir l’exercice de l’entretien d’embauche. « Les candidats parlent plus sereinement de leurs succès, mais aussi de leurs échecs », explique Marie Paillard, directrice régionale comptabilité et finance d’entreprise chez Fed Finance. Cela peut les aider à mieux répondre aux questions d’un employeur comme "Pouvez-vous me parler de vous ?", "Quels sont vos défauts ?" ou "Êtes-vous sûr d’avoir les épaules pour occuper ce poste ?". « Un candidat qui a confiance en lui rebondit mieux face aux techniques de déstabilisation des recruteurs. Il réussit plus facilement à désamorcer les situations complexes », constate-t-elle.
La directrice régionale de Fed Finance précise que cette qualité peut même compenser un manque d’expérience professionnelle ou une absence partielle de compétences. « Si j’ai le choix entre un candidat qui remplit tous les critères mais ne semble pas sûr de lui et un candidat qui ne les réunit pas tous mais livre un discours positif et une forte motivation, je n’hésiterais pas à présenter les deux profils à mon client, en misant sur la faculté du second candidat à acquérir de nouvelles connaissances », confie-t-elle.
David Sampoux opterait aussi pour le second profil. Toutefois, il se méfierait de l’effet séduction qui peut provenir des candidats sûrs d’eux. « La confiance en soi ne garantit pas, à elle seule, les connaissances d’un candidat. Elle ne doit pas prendre le pas sur sa capacité à démontrer son authenticité en s’appuyant sur des exemples concrets », tempère-t-il.

Les techniques pour développer la confiance en soi


Si la confiance en soi ne se décrète pas, elle peut se façonner au travers de techniques simples. « Le premier réflexe à adopter est de ne pas laisser de place à l’improvisation », insiste Noémie Cicurel. Pour être éloquent le jour de l’entretien, le mieux reste de préparer son discours de présentation avec soin et de s’entraîner à le prononcer à voix haute.
« Il est possible d’appliquer la méthode STAR qui consiste, pour chaque expérience, à expliquer la situation de départ, la tâche c’est-à-dire l’objectif à atteindre, les actions menées ainsi que les résultats obtenus », détaille Eve Chegaray. Approuvée par de nombreux recruteurs, « cette technique permet d’être paré pour répondre à de nombreuses questions avec éloquence sans avoir recours à ses notes », promet-elle.
Il convient également de prêter attention au langage non-verbal. Le plus efficace pour prendre conscience de ses erreurs de posture est de filmer sa courte présentation. « Le rythme de la respiration, la tonalité de la voix, la position de la tête et des épaules ainsi que la fermeté de la poignée de mains sont autant d’éléments qui peuvent être travaillés », assure Eve Chegaray.

Ne pas confondre confiance et arrogance !


La confiance en soi amène-t-elle l’arrogance ? Non, à condition qu’elle soit bien dosée, répondent à l’unisson les professionnels. Exit les vérités du style : "J’étais à la tête d’une équipe de trente personnes lors de mon précédent poste. Le management n’a plus de secret pour moi" ou encore "J’ai récemment conduit un projet financier ambitieux. Vous pouvez me confier tout type de portefeuilles clients".
Privilégiez plutôt les discours étayés d’exemples purement factuels. À défaut, vous risquez de compromettre sérieusement vos chances de décrocher le poste. « On peut se demander si ce type de candidat sera capable de se remettre en question s’il commet une erreur une fois en poste », conclut Noémie Cicurel.

La rédaction