Entretien d'embauche : les gestes qui tuent

Vous êtes au point sur votre discours et les arguments à dérouler pour votre prochain entretien d’embauche, mais avez-vous pensé à l’attitude à adopter ? Ce serait dommage que vos gestes fassent passer un autre message que vos paroles. Des experts vous alertent sur les comportements souvent mal vus par les recruteurs.

La poignée de main un peu molle


Avez-vous déjà demandé à vos amis ce qu’ils pensent de votre poignée de main ? La question peut sembler saugrenue mais peut sauver une rencontre avec un recruteur ou un futur employeur. « Combien de personnes font attention à l’impression que donne leur poignée de main ?, s’interroge Jean-Claude Martin, auteur du guide 5 minutes pour convaincre. Parce que, pour ce qui est des impressions, croyez-moi, elle en donne. » Pour ce formateur, si la poignée de main est trop molle, l’entretien ne peut que mal commencer… et forcément se terminer. « Vous allez le quitter et, tout en le remerciant, vous lui retendez en guise d’au revoir la même poignée de main en souvenir ! » « Même si vous êtes le plus compétent des candidats, une poignée de mains bâclée ou un peu molle peut mettre le recruteur sur une mauvaise piste, abonde Elisabeth Simon-Roussel, consultante auprès du cabinet d'accompagnement RH Recrutemploi. De même, si votre main part de trop haut ou si vous serrez la main du recruteur trop longtemps, il peut avoir l’impression que vous essayez de prendre l’ascendant sur lui. »

Conseil : privilégiez une poignée de main ferme, horizontale et rapide pour rester le plus neutre possible.

"Réajuster sa cravate, jouer avec son téléphone... Ce sont des gestes d’autoconfort évidents pour masquer une gêne. Mais à manier avec modération pour ne pas parasiter la conversation."

Le sac (ou tout autre effet personnel) sur la table


« Le problème avec les gestes mal interprétés, c’est que souvent, le recruteur lui-même ne sait pas pourquoi il se braque », analyse Émilie Devienne, coach de candidats et de dirigeants. Pour cette experte, beaucoup de gestes qui agacent relèvent de questions de périmètre personnel. « Certains candidats rompent le charme en posant leur sac ou leur pochette sur le bureau du recruteur. Ces attitudes sont perçues comme intrusives, voire impolies. » De même, face au recruteur, la coach évoque les problèmes des gestes ou postures trop portées vers l’avant. « Votre interlocuteur peut avoir l’impression que vous voulez vous imposer et créer une sorte de rapport de force. »

Conseil : gardez une distance physique raisonnable et surtout n’"envahissez" pas, même avec votre téléphone, l’espace du recruteur.

 

Le stylo qui tourne


Le sujet amuse Silvana Frazzetta. « J’en ai parlé récemment avec plusieurs DRH justement, précise cette coach en communication et management. Beaucoup ne supportent pas les stylos qui virevoltent dans tous les sens et les font décrocher de l’entretien. » Si cette experte sait que ce tic ne traduit souvent qu’une nervosité légitime, elle recommande aux candidats d’éviter certains accessoires qui amplifient le mouvement. Éric Goulard, expert et formateur en communication comportementale, cite également d’autres tics familiers. « Un candidat peut aussi balayer des poussières imaginaires sur sa veste, réajuster sa cravate, relever une manche déjà retroussée ou jouer un peu trop avec son téléphone. Ce sont des gestes d’"autoconfort" évidents pour masquer une gêne. » Mais à manier avec autant de modération que possible pour ne pas parasiter la conversation.

Conseil : bien se caler au fond de son fauteuil, les deux pieds au sol, pour rester le plus ancré et le moins nerveux possible.

 

Le regard qui part ailleurs


Jean-Claude Martin invite aussi les candidats à garder un œil sur leur interlocuteur… au sens propre et au figuré. « Réfléchissez sans partir ailleurs, insiste le consultant. Dans la réflexion, il arrive souvent que l'on regarde ailleurs comme pour s’isoler. Apprenez à réfléchir en regardant ceux qui vous parlent ou ceux à qui vous parlez. Avec un peu de contrôle sur soi, on y arrive très bien et l’on ne coupe pas la relation à l’autre. »

Conseil : considérez le regard comme « un geste qui touche à distance » et, à condition de ne pas trop l’appuyer non plus, il facilite la communication.

 

Se gratter ou de frotter le nez


Reste enfin un grand classique cité par quasiment tous nos experts. « Quand quelqu’un se gratte trop souvent le nez, cela me perturbe particulièrement, reconnaît Silvana Frazzetta. J’ai beau savoir que c’est un geste parasite qui veut dire qu'il y a une émotion, je ne peux m’empêcher de penser que ce geste peut être lié à un mensonge. » « Pour les synergologues et experts en communication non verbale, se gratter le nez comme parler avec les paumes de main vers le haut peut traduire un doute sur la véracité de certains propos, confirme Elisabeth Simon-Roussel. Ce n’est pas une science exacte, mais c’est une option qu’un recruteur va peut-être prendre en compte. » « Si votre interlocuteur se frotte souvent le nez avant de répondre, c’est qu’il cherche à se rassurer et qu’il est embarrassé par quelque chose », ajoute Eric Goulard.

Conseil : faute de pouvoir se contrôler, essayez de vous donner une contenance en tenant un stylo par exemple… mais sans trop le manipuler !

 

La rédaction