Entretien : les 5 réponses possibles à "Où vous voyez-vous dans 5 ans ?"

Bien malin celui qui peut prédire ce qu’il fera dans 5 ans. Et pourtant, la question fait partie des classiques de l’entretien d’embauche. Keljob dresse la liste des 5 réponses possibles pour vous aider à trouver la réplique idéale selon votre profil.

1. La réponse provoc’ (possible dans certaines conditions)


À la question “Où vous voyez-vous dans cinq ans ?”, d’aucuns seraient tentés de répondre “À la vôtre !”. Certains, même, vont oser…
Daniel Porot, consultant et auteur du livre 101 questions pièges de l’entretien d’embauche, n’est pas contre les traits d’humour en entretien. « Mais tout est une question de contexte, prévient-il. Tout dépend du poste convoité et des autres questions. Si vous avez l’impression que l’on teste votre à-propos, ce genre de réponse peut se tenter. Encore faut-il conserver le même sens de la répartie tout du long. » Autrement dit : il invite 99 % des candidats à plus de prudence et de pragmatisme.
« La plupart du temps, les questions sur les objectifs professionnels ont pour but de cerner ce que vous voulez faire et la solidité de vos motivations », résume Jean Mirat, auteur du livre Entretien d’embauche : La méthode pour réussir.

2. La réponse ambitieuse… mais pas trop


La plus grosse erreur, selon Timothy Butler, serait de ne pas réfléchir à la question avant l’entretien. « Le premier enjeu consiste à analyser la situation en amont, explique ce professeur de la Harvard Business School. Si vous réfléchissez seulement pendant l’entretien, vous êtes mal parti. »
Pour une réponse qui accroche le recruteur, il faut savoir faire preuve d’analyse sur son parcours mais aussi veiller à ne pas en faire trop. Stéphanie Roels préconise ainsi une ambition mesurée face au recruteur. « Il a besoin d’être rassuré sur la motivation et la stabilité du candidat, explique cette ancienne responsable en ressources humaines devenue consultante en gestion de carrière. Ses craintes ? Le candidat qui va continuer de chercher un poste à l’extérieur ou qui voudra évoluer trop vite dans ses fonctions. »
Autre réponse à proscrire : manifester la volonté de monter sa propre boîte, même à long terme. « Évitez de vous présenter comme un futur entrepreneur, rappelle Jean Mirat, cela ferait douter de la sincérité de vos motivations. »

3. La réponse simple et efficace


Une erreur de casting se paie parfois au prix fort dans une entreprise. C’est pour cela qu’il faut à la fois séduire et rassurer le recruteur. « Les réponses aux questions qui ont trait à votre projet professionnel doivent confirmer votre motivation pour le poste considéré, analyse Jean Mirat. Le principe essentiel est par conséquent que vos objectifs de carrière soient une émanation de ce que vous ferez chez votre futur employeur. »
Il faut réussir à faire passer l’idée que l’emploi auquel vous postulez est idéal pour vous emmener là où vous vous voyez. D’où cet habile compromis suggéré par Joseph Weintraub, co-auteur d’un manuel de management : « Il faut donner l’impression que vous avez encore soif d’apprendre certaines choses et que vous voulez le faire avec eux. »

4. La réponse pour ceux qui ne veulent pas changer de fonction


Mais que faire quand on aime son métier et que l’on ne se voit pas en changer ? « Indiquez que tant que votre carrière vous offrira des challenges, vous ne vous voyez pas en changer, suggère Jean Mirat. C’est sans doute la manière la plus positive de répondre. »
Faut-il à tout prix se projeter dans un poste toujours plus haut dans la hiérarchie ? Pas forcément. Joseph Weintraub cite ainsi l’entretien d’un de ses amis pour un poste d’adjoint. Alors qu’il serait tentant pour un tel candidat de se projeter directeur, celui-ci a joué cartes sur table. « Il a répété, avec passion, qu’il se voyait surtout comme un excellent numéro deux, capable d’accompagner un supérieur vers le succès et qu’il ne se voyait pas en changer. »
Selon notre expert, loin de témoigner d’un manque d’ambition, ce genre de réponse à contre-courant témoigne d’une intelligente réflexion sur soi et son positionnement dans une hiérarchie.

5. La réponse pour ne pas répondre


Pour les candidats qui n’ont aucune réponse précise à fournir, il reste la possibilité de se dérober avec classe. Le professeur Timothy Butler nous propose quelques feintes. « Vous pouvez répondre que vous ne savez pas où vous serez dans cinq ans, mais que vous ambitionnez déjà, dans l’espace d’un an, de décrocher tel contrat ou de développer tel projet. »
Autre alternative : parler de compétences plutôt que d’une fonction en particulier. Exemple : « Tout ce que je peux dire, c’est que j’espère développer mon analyse stratégique ou mes qualités de management. » Qui pourrait vous en vouloir ? Pas un recruteur qui, lui même, a sans doute aussi peu de visibilité que vous…

La rédaction