Êtes-vous fait pour la vente à domicile ?

Le secteur de la vente à domicile, qui représente 600 000 emplois, ne cesse de recruter partout en France. Pourquoi pas vous ? Avant de se lancer, il y a quelques spécificités à connaître.

1 Un métier ouvert à tous (ou presque)


Ce n’est décidément pas un métier comme les autres. Un peu « à la carte » à en croire Jacques Cosnefroy. « On trouve trois catégories de personnes chez les VDI (vendeurs à domicile indépendants), résume le délégué général de la Fédération de la Vente Directe (FVD). Vous avez ceux qui ne veulent qu’un complément de revenus, d’autres qui jonglent entre plusieurs activités et ceux qui y font carrière. » À ce jour, 600 000 Français travaillent de près ou de loin dans la vente directe avec des profils très variés. « Il y a quinze ans, le profil moyen avait entre 35 et 45 ans. Aujourd’hui on voit de plus en plus de jeunes qui doivent payer leurs études ou des seniors qui veulent un complément de retraite. » Seul bémol : avec 77 % de femmes, les hommes ne sont pas toujours… indispensables. « Beaucoup de produits, comme le prêt-à-porter ou la lingerie, passent mieux avec des femmes, confirme Alice Gaubert, responsable communication et e-business chez Captain Tortue. Elles rentrent dans l’univers privé des gens. Mais des produits, comme le vin, s’ouvrent aux hommes. »
"On peut se lancer très vite, sans investissement majeur, et organiser son temps comme on veut." 

2 Pas besoin de diplôme (mais de quelques qualités quand même)


Diplôme requis : aucun. « Certaines vendeuses ont déjà une formation commerciale mais pas toutes, poursuit Alice Gaubert. D’autres n’ont jamais travaillé mais peuvent suivre une formation proposée par la plupart des enseignes. » C’est en effet dans l’intérêt des marques que leurs ambassadeurs soient aussi préparés que possible. « Chez nous, toute conseillère qui arrive est encadrée par une animatrice qui la coache et dispense une réunion tous les mois. On propose aussi des fiches techniques et des formations en ligne. » Malgré tout, certaines qualités restent indispensables : être dynamique, extraverti et avoir le sens du réseau…
 

3 Une grande souplesse d’organisation (en travaillant dur)


C’est l’un des principaux arguments du secteur. « On peut se lancer très vite, sans investissement majeur, et organiser son temps comme on veut », commente Philippe Tréhan, président de Swipe. La marque de produits d’entretien et de cosmétiques confie un kit de démarrage, contre un chèque de 50 euros. Somme ensuite offerte dès que la conseillère atteint 300 euros de ventes. « On a 500 conseillers en France dont 90 % de femmes. La plupart travaillent à mi-temps et, pour certains, arrivent à gagner l’équivalent d’un temps plein. » Mais ce dirigeant rappelle volontiers un autre investissement nécessaire : le temps. « On peut libérer son mercredi après-midi par exemple. Mais il faut aussi travailler dur pour trouver des hôtesses et des ventes. » Cependant, il est aussi possible de diversifier ses revenus. « Un vendeur expérimenté a aussi la possibilité de recruter et de former des VDI à son tour, précise Sophie Desombre, présidente du réseau Un jour une vente. L’idée est de constituer une équipe qui vous reversera un pourcentage. »
 

4 Des revenus variables (mais potentiellement élevés)


À écouter les acteurs du milieu, les revenus générés par la vente à domicile sont proportionnels à l’effort – et un peu au talent – qu’on y met. « Environ 30 % n’en retirent qu’un complément de revenu entre 100 et 500 euros par mois, observe Jacques Cosnefroy. Mais 40 % parviennent à en faire une vraie activité avec des revenus parfois largement supérieurs au Smic. » À cela s’ajoutent des facilités administratives : les vendeurs commencent avec un statut VDI, c’est-à-dire une rémunération à la commission. Il leur suffit de donner leur numéro de Sécurité Sociale aux entreprises pour démarrer leur activité. « À partir d’un certain seuil, cependant, si son activité se porte très bien,  le vendeur doit changer de statut, explique Olivier Guilbaud, co-dirigeant de la marque de cosmétiques et de produits d’entretien écologiques Body Nature. L’enseigne leur proposera ensuite de passer agent commercial ou salarié de l’entreprise. »
 

5 Le choix (stratégique) de la marque


Reste à se lancer. « Si quasiment toutes les marques recrutent, quelques précautions s’imposent, comme vérifier que la marque choisie obéit bien à des règles éthiques édictées par la Fédération de vente directe », insiste Sophie Desombre qui ne propose des collaborations qu’avec des marques agrées sur son site. « Il faut faire attention au contrat et aux conditions d’acquisition ou de prêt du kit de démarrage. » « Dans le choix d’une société, je recommande aussi de choisir des produits renouvelables si possible, mais surtout auxquels on croit, recommande Olivier Guilbaud. Il faut aimer les produits que l’on vend parce qu’il vaut mieux être convaincu par les produits pour savoir en parler. C’est la meilleure façon d’être passionnant et passionné. » 
 
 

La rédaction