Grande entreprise ou PME, laquelle est faite pour vous ?

D’un côté, le prestige et quelques avantages. De l’autre, une grande autonomie et une certaine émulation. PME ou grande entreprise : nos experts vous aident à découvrir quelle structure est faite pour vous !

C’est l’histoire, vraie, d’un jeune juriste embauché dans un très grand cabinet et qui a très vite déchanté. « À 28 ans, on ne le laissait même pas envoyer ses propres mails ! sourit Didier Goutman, co-auteur du livre Trouver sa place au travail. Ce n’est pas une généralité, mais beaucoup de grosses structures ont des process de fonctionnement très lourds. »
Ce consultant pour de grandes entreprises, qui recrute également pour des PME, n’affiche pas de préférence pour l’un ou l’autre modèle. Il tient juste à prévenir les futurs candidats que certaines différences sont bien réelles.
« Beaucoup de candidats, souvent parmi les jeunes diplômés, rêvent d’intégrer de grandes entreprises prestigieuses pour les avantages matériels qu’elles proposent, confirme Philippe Hemmerlé, directeur du cabinet CV First. Ce sont des éléments à prendre en compte, bien sûr, mais l’essentiel est souvent ailleurs… »
 

Le degré d’autonomie n’est pas le même


Première question à se poser avant de postuler : à quoi va ressembler mon travail au quotidien ? Inutile de débarquer dans une PME sans être opérationnel tout de suite, alors qu’une grande entreprise laissera plus volontiers à sa nouvelle recrue un peu de temps pour s’adapter.
« Dans une grande entreprise, on travaille beaucoup mais on passe aussi beaucoup de temps en réunion, analyse Didier Goutman. On peut également approfondir certaines connaissances avec des formations car on est davantage le maillon d’une grande chaîne.
À l’inverse, dans une PME, le niveau d’insécurité est plus élevé. On est plus pressé et on passe moins de temps à parler. On travaille avec moins de moyens mais une plus grande autonomie et une meilleure lecture de ce que l’on fait. Les résultats, bons ou mauvais, sont vite très concrets.
Ce n’est pas formateur de la même façon. En grande entreprise, on a les moyens de se former alors qu’en PME, on se forme tout seul. » Dès lors, à chacun d’élaborer son plan de jeu. « Et au final, vaut-il mieux être titulaire en deuxième division ou remplaçant en première ? », résume-t-il.
 

Une proximité différente avec le manager


Le plaisir, sur le terrain, n’est pas le même. Mais les relations avec le “coach” non plus… Sur les 2,8 millions d’emplois créés en France durant ces 20 dernières années, 2,3 millions l’ont été par des PME. Dans ce vivier, l’émulation est réelle.
« Le dirigeant insuffle dans son organisation une culture et la passion du développement, confirme une récente étude sur l’évolution des PME* menée par KPMG et la CGPME. Il promeut souvent les valeurs héritées de l’entreprise familiale telles que la convivialité, le management de proximité, la participation des salariés aux prises de décisions, le respect... »
Dans ces conditions, pas question de se fâcher avec son N+1. « Les PME entretiennent un vrai savoir-faire, certes, mais aussi une vraie proximité affective, ajoute Philippe Hemmerlé. En période de turbulences, on est naturellement très sollicité. Et parfois, on finit par ne vivre que pour et par elle. » Grisant, mais usant aussi. « C’est pourquoi les profils privilégiés en grande entreprise sont plus “politiques”, acquiesce Didier Goutman. Les relations sont plus impersonnelles. On peut le déplorer ou s’en réjouir. Tout dépend du rapport de chacun au travail. »
 

Préparer son entretien d’embauche… différemment


Ces différences seront souvent flagrantes dès l’entretien d’embauche. « Dans une grande entreprise, vous êtes généralement reçu par un directeur des ressources humaines, observe Philippe Hemmerlé. Or, dans une PME, vous êtes souvent directement face à un dirigeant. L’un et l’autre ne veulent pas entendre la même chose.
Un DRH cherche surtout quelqu’un de stable, qui ne fera pas de vague et qui va s’intégrer dans la culture de l’entreprise. Le dirigeant, qui vous paye de sa poche, s’intéresse avant tout à son retour sur investissement. Face à lui, il faut pouvoir dire “ Je vaux tant mais voici ce que je vais vous apporter à telle échéance ”. »
Didier Goutman ajoute que c’est aussi un élément à prendre en compte si on a débuté son parcours dans une grande entreprise. « Une grande entreprise, c’est toujours bien pour le prestige du CV mais souvent moins formateur, ajoute-t-il. S’il postule dans une PME, c’est un profil qui peut desservir le candidat, car on s’inquiètera de son manque d’autonomie. »
L’inverse n’est pas vrai. Ce n’est pas un hasard si nombre de PME peinent à fidéliser leurs meilleurs éléments. « Après une première expérience dans une PME, note l’étude de KPMG et la CGPME, les cas de “fuite” des jeunes diplômés vers une grande entreprise sont fréquents. » De l’avantage de tester les deux pour pouvoir montrer son meilleur profil !
 
*Panorama de l’évolution des PME depuis 10 ans, cahier préparatoire, 28 juin 2012

La rédaction