Job d'été : les informations à connaître

Avant de se lancer dans la recherche d’un job d’été, il y a des questions à se poser et quelques règles à connaître. Quelles sont les obligations légales de l’employeur vis-à-vis des mineurs ? Quelle est la bonne époque pour envoyer sa candidature ? Quels sont les secteurs qui recrutent le plus de saisonniers ? Keljob répond à toutes ses questions pour vous aider à trouver le job estival qui vous convient.

Contrat et salaire


Même s’il ne dure que quelques semaines, un job d’été est lui aussi soumis aux règles du Code du travail. En France, « un saisonnier doit obligatoirement signer un contrat à durée déterminée qui mentionne sa durée, les horaires, la raison de son embauche, la rémunération et éventuellement la durée de la période d’essai », précise Maï Le Prat, avocate associée au Cabinet Verdier Le Prat.
Si le travailleur a plus de 18 ans, son salaire doit être au moins égal au Smic. Par ailleurs, il ne doit pas effectuer plus de 10 heures par jour et plus de 48 heures par semaine. Au-delà de 39 heures, ses heures devront être payées en heures supplémentaires : soit 25 % de plus que le tarif normal.

Impôts et job d’été


Par ailleurs, le jeune saisonnier devra déclarer ses revenus sur sa propre feuille d’imposition ou celle de ses parents, si toutefois il était encore à leur charge. « Autant de règles auxquelles les étudiants ne sont pas habitués mais qui les responsabilisent », assure Corinne Esquirol, référente job d’été au Centre régional d'information jeunesse (CRIJ) d’Aquitaine.

Quelles conditions quand on a moins de 18 ans ?


Vous êtes mineur et vous souhaitez décrocher un job d’été ? C’est possible, mais sous certaines conditions. Les travaux dangereux ou pénibles vous sont interdits et vous ne pouvez pas non plus faire d’heures supplémentaires ou travailler de nuit.
Du côté du salaire, les entreprises vous paieront au minimum 90 % du Smic si vous avez entre 17 et 18 ans et 80 % du Smic si vous avez moins de 17 ans. Une autre condition s’applique : « si le jeune est âgé de 14 à 16 ans, l’employeur doit obtenir une autorisation de l’inspecteur du travail pour l’embaucher pour l’été », ajoute Maï Le Prat.
Par conséquent, même si elles ont le droit de recruter des mineurs, beaucoup d’entreprises préfèrent privilégier les candidatures de personnes majeures afin d’éviter ces démarches. « Sauf dans l’agriculture, qui est une exception », tempère Karine Quéré, animatrice-documentaliste au Brest information jeunesse (BIJ).

Quand postuler pour un job d’été ?


Le plus tôt possible ! « En général, il faut commencer ses recherches dès les mois de janvier ou février car de nombreux secteurs comme la vente en grande surface et le nettoyage industriel recrutent tôt dans l’année », explique Karine Quéré.
Pour optimiser vos chances de trouver un emploi saisonnier, activez votre réseau. Faites savoir à votre famille, vos amis et vos voisins que vous êtes en chasse d’un poste pour l’été.
Enfin, sachez que les organismes d’accompagnement tels que les Bureaux d’information jeunesse (BIJ), les Centres régionaux d'information jeunesse (CRIJ) et les Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) organisent, dans toute la France, des journées consacrées aux jobs d’été au cours desquelles candidats et employeurs de la région peuvent se rencontrer.

Qu’est ce que le BAFA ?


Pour travailler en tant qu’animateur dans des centres de loisirs ou des colonies de vacances, le Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur (BAFA) est obligatoire. Notons qu’il ne s’agit pas d’un diplôme mais bien d’un brevet validé par le Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports et qui se prépare dans des centres de formation répartis dans toute la France.
La formation, ouverte aux jeunes à partir de 17 ans, combine théorie et pratique en trois étapes : formation générale, stage pratique et approfondissement. Seul hic : le BAFA a un coût, entre 800 et 900 euros. « Ce sont donc surtout les jeunes qui ont un projet professionnel dans le social ou l’animation qui le passent et non pas ceux qui cherchent un job d’été », remarque Corinne Esquirol.

Les secteurs qui proposent des jobs d’été


L’animation est loin d’être la seule filière à proposer des emplois saisonniers. Si vous n’avez toujours rien trouvé pour l'été, pensez à élargir vos recherches aux autres secteurs qui cherchent de la main-d’œuvre estivale : l’hôtellerie-restauration, la grande distribution, la garde d’enfants, le commerce, le tourisme…
= > Lire : Job d'été : les secteurs qui recrutent
Traditionnellement, plusieurs milliers de postes sont également à pourvoir dans la filière agricole, notamment pour les récoltes et les vendanges. Selon l’Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture (ANEFA), le secteur recrute chaque année environ 750 000 saisonniers, dont 250 000 pour les vendanges. Les secteurs des assurances, des banques, du nettoyage industriel et plus généralement de la propreté font, eux aussi, office d’incontournables.

Attention aux arnaques


Salaires impayés, absence de couverture sociale, volume horaire non-respecté… Les petits boulots d’été font parfois l’objet de dérives. L’entorse la plus fréquente est lorsque l’employeur demande à un saisonnier de commencer à travailler avant la signature de son contrat de travail… Face à cette situation, la méfiance est de mise. Si vous débutez vos missions avant cette signature, vous ne pourrez pas prouver, en cas de litige, que vous avez réellement travaillé ces jours-là.
Par ailleurs, veillez également à ce que votre temps de travail hebdomadaire soit indiqué dans votre contrat de travail. Notamment si vous évoluez dans la grande distribution, malheureusement concernée par ce type d’abus.
Enfin, si votre employeur vous propose de vous verser une partie ou la totalité de votre rémunération au noir, n’entrez pas dans son jeu ! Non seulement c’est illégal mais en cas d’accident de travail, vous ne bénéficierez pas de protection sociale.

Arrêter son job d’été


Le poste que vous avez décroché s’avère trop éprouvant et vous souhaitez rompre votre contrat de travail ? C’est votre droit et votre employeur doit le respecter. Sachez que les modalités de rupture d’un contrat saisonnier sont les mêmes que celles d’un contrat à durée déterminée (CDD).
En clair, si l’employeur et le saisonnier s’entendent pour que ce dernier rompe son contrat, l’accord doit faire l’objet d’un écrit. Le saisonnier perçoit alors son salaire pour le travail déjà effectué. En revanche, cet accord ne donne lieu à aucun versement de dommages et intérêts.
Si cette rupture est le seul fait du saisonnier, on la considère comme une démission. Dans ce cas et même s’il s’agit d’un job d’été, le salarié ne peut pas partir du jour au lendemain. Il doit respecter un préavis comme il est prévu dans son contrat de travail.

Que choisir entre un stage ou job d’été ?


C’est généralement la santé financière du candidat qui guide ce choix. Car si un job d’été permet, en règle générale, de toucher une rémunération équivalente au Smic, ce n’est pas le cas d’un stage en entreprise. Lorsque la durée de celui-ci est inférieure à deux mois consécutifs, l’employeur n’est pas obligé de verser à son stagiaire une gratification. Toutefois, lorsque le stage excède cette durée, celui-ci doit lui verser l’équivalent de 30 % du Smic. Parfois plus lorsque la convention de branche ou l’accord professionnel le prévoit.
Quoi qu’il en soit, si vous souhaitez profiter de l’été pour acquérir une expérience professionnelle dans le secteur d’activité pour lequel vous vous destinez, le mieux reste quand même d’opter pour le stage. Car « rares sont les étudiants qui réussissent à trouver un job d’été en rapport avec leur domaine d’études », constate Corinne Esquirol.

Un atout pour le CV


Même si l’emploi saisonnier n’est pas toujours en lien avec les études du jeune, « il est tout de même très valorisant d’avoir déjà travaillé et de connaître le monde de l’entreprise, ses contraintes et ses horaires », souligne Corinne Esquirol. Plus tard, si vous briguez un poste qui demande un grand sens de l’effort, votre expérience estivale dans l’agriculture ou le maraîchage vous sera très profitable. « Le fait d’avoir travaillé dans des conditions horaires et physiques difficiles prouve à un futur employeur que le candidat a de la volonté », assure Karine Quéré.

La rédaction