La passion, ça peut faire peur aussi...

Certains employeurs se méfient carrément des passionnés.

L’enseigneCultura, par exemple, a complètement réorienté sa politique de recrutement. « Nous avons revu le critère passion à la baisse, raconte Nathalie Babolat, responsable recrutement, car nous avons réalisé que les purs passionnés correspondent davantage aux petites librairies très spécialisées ». Décryptage : ils ont souvent du mal à s’adapter à une clientèle diversifiée, dont les goûts, les besoins, et méconnaissances parfois, sont en décalage avec leurs savoirs, et surtout leurs certitudes.
 
 
Aujourd’hui, Nathalie Babolat préfère parler de « critère d’intérêt poussé », et estime que toute personne curieuse pourra se former rapidement au produit : « On ne peut travailler chez nous sans s’intéresser un minimum à nos produits, mais on peut commencer par aider les clients en fredonnant l’air des chansons à défaut de connaître le nom des artistes ! »
 
Pourtant, d’autres employeurs relèguent votre passion au second plan, et recherchent des vendeurs avant tout : « Notre premier critère de sélection, ce sont les dispositions commerciales. Nous voulons des candidats ouverts, souriants, aimables... Connaissance et passion du jeu vidéo, certes importantes, viennent après », explique Laurent Bouchard, directeur de réseau Micromania.
 
 
Même son de cloche du côté de la Fnac. Pour Nadia Tabouri, responsable ressources humaines du magasin de Parly 2, « la première passion, ce doit être la vente ». À ses yeux, sens du service et esprit de challenge sont primordiaux : en clair, la passion est au service de la vente. « Si je sens qu’un candidat a du mal à partager sa passion, je crains qu’il ne conserve un langage trop expert avec la clientèle », illustre-t-elle. C’est pourquoi l’enseigne favorise la mixité parmi ses collaborateurs. Une diversité voulue parce qu’à l’image des produits vendus. « Finalement, le candidat idéal se trouve à la croisée des chemins : ce sont à la fois ses aptitudes commerciales et son enthousiasme qui fidéliseront le client », conclut Laurent Bouchard.

La rédaction