Le burn-out des chercheurs d'emploi : comment se protéger

Souvent résumé - à tort - à un état d’épuisement extrême propre au monde du travail, le burnout guette en réalité tout le monde. Au bureau, comme à la maison, pendant sa re-cherche d’emploi par exemple…

C’est une idée de sujet qui nous est venue avec la confidence d’un candidat. "Bien que chômeur", se sentait-il obligé de préciser, il s’était trouvé au bord du burn-out. C’est son médecin qui avait posé le diagnostic et lui précisant, à sa grande surprise, qu’il n’était pas un cas isolé. Le constat ne surprend guère Anne Everard, auteure d’un Guide du burn-out (ed. Albin Michel) après une expérience similaire. « Pour décrire un burn-out, je compare chacun d’entre nous à un barrage, explique-t-elle. Quand nous sommes sous pression, le niveau monte. Mais si on ne fait pas suffisamment attention à cette pression, un jour, le barrage cède et on peut être submergé. » Et le phénomène ne se limite pas au travail, loin s’en faut. « Les sources d’un burn-out peuvent être professionnelles, certes, mais elles peuvent venir d’ailleurs, dès lors qu’il y a une situation de stress persistant et qui mine l’intéressé pendant plusieurs mois, sans pouvoir l’évacuer. » Un sentiment dans lequel beaucoup de chercheurs d’emploi se reconnaîtront.

" Un chercheur d’emploi est souvent soumis à différentes pressions : celle qu’il se met lui-même, parfois celle des proches et bien sûr des questions financières s’il est en fin de droits ou non indemnisé."

Reconnaître les symptômes


Apparu pour la première fois aux États-Unis en 1976, l’expression burn-out désigne littéralement l’idée de brûler à l’intérieur. Cette appellation a d’abord été utilisée par un psychanalyste, surpris de voir augmenter le nombre de ses patients sous tension et craquer à causes de pressions diverses. Mais bien que le sujet soit grave, nos experts insistent sur une donnée rassurante : un burn-out n’arrive pas du jour au lendemain.

« C’est un épuisement dû à un stress chronique qui dure depuis plusieurs mois, prévient la psychologue Catherine Vasey, auteure de Burn-out : le détecter et le prévenir (éd. Jouvence). L’enjeu, pour chacun, est de mettre des choses en place au quotidien pour prévenir ce déséquilibre. » Pour se protéger, cette spécialiste rappelle une première mesure relativement simple à mettre en œuvre. « Sachant que le stress s’évacue par une dépense d’énergie, une activité physique, même modérée, peut nous aider à décompresser. On peut faire du sport mais aussi marcher ou prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur. »

Deux options complémentaires s’offrent à nous pour réguler notre stress. « On peut l’évacuer à travers une activité physique mais aussi le faire retomber, complète Latifa Gallo, coach spécialiste de la gestion des émotions et du stress. On peut pratiquer la relaxation, le yoga ou encore s’adonner à des plaisirs encore plus simples comme prendre un bon bain avec des huiles essentielles. »

>>Le burn-out des chercheurs d'emploi vu par les dessinatrice Yatuu 

 

Se poser des limites pendant ses recherches


Pour sa recherche d’emploi, un candidat doit élaborer un plan d’action, mais sans y laisser sa santé pour autant. « Un chercheur d’emploi est souvent soumis à différentes pressions : celle qu’il se met lui-même, parfois celle des proches et bien sûr des questions financières s’il est en fin de droits ou non indemnisé », observe Latifa Gallo. Auteure des 50 règles d'or anti burn-out (ed. Larousse), elle invite alors les intéressés à aménager leur journée avec des moments de respiration.

Pour éviter le burn-out, il faut aussi et surtout garder du temps pour soi. « Si l’on est stressé par une situation qui risque de durer, il faut commencer à agir sur les effets de cette anxiété », insiste Catherine Vasey. Concrètement, il faut se protéger dans sa vie privée et maintenir en place, sans culpabiliser, des activités que l’on aime, se détendre et se poser des limites soi-même. « Être stressé parce que l’on cherche un poste, cela à arrive à beaucoup, abonde Latifa Gallo. Ce qui est plus épuisant encore, ce sont les sollicitations mentales que l’on autorise. » La coach recommande ainsi de se méfier des nouvelles technologies, de débrancher de temps en temps son téléphone et de ne pas consulter sa messagerie plus que nécessaire. « Il faut penser à soi pour se protéger mais aussi pour être plus efficace… »

 

Burn-out: ces signes qui doivent nous alerter


Plusieurs signes peuvent être des indices qu’on se trouve dans une zone à risque. S’ils perdurent au-delà de six mois, il faut absolument consulter un médecin.

La fatigue chronique est ainsi l’un des premiers signes précurseurs : quand on ressent de façon répétée une fatigue de tension, c’est-à-dire une incapacité à se reposer, à bien dormir et à bien récupérer, il faut commencer à se surveiller. Avec le temps, la fatigue et l’anxiété provoquent aussi de vrais soucis physiques comme des douleurs au dos, de l’hypertension artérielle, des troubles digestifs ou de l’eczéma. À force de ne pas se ressourcer, une grande émotivité, voire une irritabilité apparaissent. Ces symptômes génèrent aussi souvent des problèmes de concentration, parfois pertes de mémoire et une incapacité à s’organiser. Enfin, l’un des dommages collatéraux logiques de cet épuisement quotidien s’exprime, le soir ou le weekend, par l’envie de ne rien faire et encore moins de se faire plaisir. A terme, ce repli sur soi affecte le moral avec des risques de dépression.

 

La rédaction