Le CDI intérimaire est-il fait pour vous ?

Entré en vigueur en mars 2014, le CDI intérimaire va bientôt fêter ses deux ans d’existence. À qui s’adresse-t-il ? Quels sont ses avantages ? Quel premier bilan dresser le concernant ? Tout ce qu’il faut savoir sur ce contrat de travail d’un nouveau genre.

Salarié d’une agence d’intérim


Le CDI intérimaire est officiellement né le 6 mars 2014, avec une première année consacrée à la mise en place et une seconde qui marque une montée en puissance, remarque Thierry Vaudelin, directeur de la formation et des parcours intérimaires chez Manpower : « Il a d’abord fallu mettre en place les outils pour le bon fonctionnement du dispositif en matière de paie, de gestion, de suivi… En 2015 en revanche, le développement est spectaculaire avec 1 300 signatures de contrats en CDI intérimaire chez nous. » Parmi les cabinets concurrents, Randstad en est à 1 200 signatures et Adecco à « presque 2 000 avec un objectif de monter à plus de 8 000 dans les années à venir », annonce Martin Vitkine, directeur du CDI intérimaire au sein du groupe. Il présente le dispositif : « Le contrat de travail est bipartite, entre un salarié qui s’engage avec une agence d’intérim et cette dernière qui s’engage à lui donner des missions auprès d’entreprises avec lesquelles elle collabore. » En clair, avec un CDI intérimaire, vous devenez salarié d’une entreprise de travail temporaire. « C’est comparable au contrat qui lie un salarié à une SSII dans le domaine informatique », observe Sébastien Buffet, attaché de presse du groupe Randstad.
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Un statut qui rassure


À qui s’adresse précisément ce contrat ? « Il convient le mieux à des intérimaires qui enchaînent les missions et qui souhaitent gagner en sérénité », répond Martin Vitkine, qui constate chez Adecco que « 75 % des signataires d’un CDI intérimaire sont des hommes, avec une moyenne d’âge de 35 ans. 85 % d’entre eux sont d’anciens intérimaires. » Des chiffres similaires à ceux de Manpower, où Thierry Vaudelin précise que « c’est globalement la population type des agences de travail temporaire, en un peu plus âgé. » Cet âge plus avancé ne serait d’ailleurs pas un hasard selon Sébastien Buffet de Randstad : « Qui dit CDI intérimaire dit CDI, avec les avantages que cela offre en termes de garanties pour les banques, bien plus enclines à proposer des prêts avantageux à leurs clients avec ce type de contrat qu’en étant un simple intérimaire. » De quoi s’offrir de meilleures perspectives en matière de projet immobilier ou d’achat d’un véhicule par exemple.
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Un CDI, trois qualifications


Le CDI intérimaire a cette autre particularité d’engager son signataire sur trois métiers ou qualifications au minimum. Par exemple : préparateur de commandes, manutentionnaire et ouvrier alimentaire. « C’est pour l’agence un moyen de maximiser ses possibilité de lui offrir des missions à enchaîner. Le titulaire d’un CDI intérimaire peut donc travailler un temps sur une qualification pour une entreprise puis sur une autre chez l’employeur suivant », illustre Martin Vitkine. Sachant qu’en période d’intermission, la personne dispose d’une garantie minimale mensuelle de rémunération (GMMR) fixée à l’équivalent du SMIC. Et ces métiers, quels sont-ils ? « Tous les métiers de l’intérim, assure Thierry Vaudelin, sachant qu’en plus ce contrat offre au signataire la possibilité de se faire financer des formations pour travailler dans d’autres qualifications et monter en compétences. » Reste que d’après les enquêtes de Manpower, les CDI intérimaires sont en majorité destinés à des métiers peu ou pas qualifiés de l’industrie type manutentionnaire et ouvrier (48 % du total des CDI intérimaires), contre 26 % de métiers qualifiés (type agent de maintenance), 13 % de métiers du BTP (ouvrier, artisan…) et les 13 % restants pour les métiers du tertiaire, du service et de l’ingénierie informatique essentiellement.
 

Des missions obligatoires… sous conditions


Comme tout CDI, le CDI intérimaire se signe après un processus de recrutement au cours duquel le candidat (qui a postulé ou qui s’est vu proposer cette opportunité par une agence d’intérim l’employant régulièrement pour des missions) doit passer par une phase d’entretiens pour juger sa motivation et de tests pour évaluer ses compétences au travail. « Ensuite, c’est un salarié en CDI comme tous les autres, avec des droits et des devoirs », note Sébastien Buffet. Parmi les droits, il y a notamment les cinq semaines de congés payés annuels. Parmi les devoirs, celui d’accepter toute mission entrant dans le cadre de ses qualifications, en étant dans une forme d’astreinte pendant les intermissions pour être opérationnel en quelques heures. « À la signature du contrat, tout est défini au niveau du rayon géographique maximum à respecter pour ne pas l’envoyer trop loin en mission, savoir s’il accepte ou pas les heures de nuit ou encore le travail de week-end », conclut Thierry Vaudelin de Manpower.
 
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La rédaction