Le m-learning ou comment développer ses compétences grâce à son smartphone

Applis sur smartphone, programmes de licence ou master accessibles sur tablette… La formation est aujourd’hui mobile. Sur quelles matières peut-on se former ? À partir de quand peut-on l'indiquer sur son CV et combien coûtent ces programmes ? Keljob vous explique tout.

Des appareils de plus en plus performants, un réseau qui s’étend avec la généralisation de la 4G, des habitudes de consommation multimédia qui évoluent... Pas de doute, toutes les conditions sont réunies pour la montée en flèche du m-learning (Mobile Learning). Ce que confirme Jerôme Bruet, fondateur de l’entreprise E-doceo, spécialisée dans la création de logiciels de formation : « Le Mobile Learning est un phénomène en pleine accélération. Aujourd'hui, la majorité des projets de formation possède d’ailleurs un versant smartphone et/ou tablette. »
"Il n’est pas obligatoire d’être connecté à internet en permanence. L’apprenant embarque des ressources stockées en local, puis les utilise lorsqu’il se retrouve en train, dans l’avion, à l’hôtel."

Une large majorité de thématiques disponibles


Vous souhaitez développer vos connaissances en langue ? Certaines applications comme Duolinguo, Mosalingua ou Babel sont accessibles sur Apple ou Android store, gratuitement ou pour quelques euros. L’application Voltaire, déjà téléchargée plusieurs centaines de milliers de fois, vous permettra quant à elle de progresser en orthographe. D'autres acteurs à l’image d’Ingenium eLearning fournissent des applications sans frais ou pour une poignée d’euros afin d’appréhender la logique comptable, le recrutement d’un collaborateur ou encore la création d’entreprise. Autant d’outils qui vous aideront à progresser dans un domaine, sans vous offrir pour autant de diplômes ou de certifications reconnues. « Pour quelques dizaines d’euros, certains MOOCs ou modules de formation donnent eux la possibilité d’obtenir un certificat », précise Yves Dambach, vice-président de l'Association Française des Industriels du Numérique dans l’Éducation et la formation (AFINEF). Ces derniers reconnaissent soit le suivi des modules de formation, soit la validation de certaines connaissances. L’occasion alors de l’indiquer sur son CV dans la rubrique formation.
 

Le Mobile Learning en force dans l’entreprise


Malléable, interactif et rapide, le m-learning grappille également du terrain au sein des formations à destination des salariés. Et ce, peu importe le contexte, comme le confirme Jerôme Bruet : « Que ce soit pour un usage sédentaire, en magasin dans le secteur de la distribution par exemple, le mobile permet de se former pendant les heures creuses. En déplacement, les vendeurs itinérants sont de plus en plus équipés de tablettes ou smartphones, ce qui permet de leur diffuser des modules de formation. » D’autant qu’il n’est pas obligatoire d’être connecté à internet en permanence. « L’apprenant embarque des ressources stockées en local, puis les utilise lorsqu’il se retrouve en train, dans l’avion, à l’hôtel… » Autre exemple, celui des opérateurs en usine. Pour Jean-François Le Cloarec, directeur d’E-learning Touch’ : « Le mobile apporte un plus pour des personnes qui ne sont pas en poste devant un ordinateur en permanence. »
 

Un support de formation complémentaire


L'organisme de formation professionnelle Demos possède quant à lui sa propre solution de m-learning : Pocket Impulse. « Nous la proposons en complément de parcours de formation e-learning ou en présentiel », assure Emmanuelle Rohou, consultante à la direction Learning Solutions. Vidéos, études de cas, web conférence… Outre la diffusion de contenu, le m-learning offre de nombreuses possibilités, comme « l'ancrage des connaissances ainsi que la vérification des acquis par le biais de quiz, QCM, jeux... La gamification prend de l'ampleur chez nos clients en réponse à des employés de moins en moins présents à leur bureau. » Comme le note Emmanuelle Rohou, « il s’agit pour l’instant d’un complément de formation en plus de la formation de base. »
 

Des masters accessibles aussi sur mobile


Hors problème de connexion, il est même possible aujourd’hui d’entreprendre une licence ou un master depuis l’autre bout du monde. « Des diplômes entiers peuvent se faire sur tablette, témoigne ainsi Olivier Lamirault, directeur d’Ingenium. Il s’agissait avant de support imprimable aujourd’hui passé sous format électronique. » L’IAE Caen et l’EM Normandie notamment délivre des formations mobiles, qui comprennent aussi parfois des séminaires en présentiel. Attention tout de même, dans la très grande majorité des cas, l’apprenant devra se rendre dans un centre pour passer ses examens. « Certains masters proposent de passer les tests dans un centre situé à l’étranger », tempère Olivier Lamirault. Malgré l’exigence technologique et les contraintes qu’imposent le contrôle du passage de ces programmes, « se développe de plus en plus le contrôle à distance », assure-t-il. L’examinateur possède alors un visu complet de votre écran pour s’assurer que tout est conforme.
 

La rédaction