Le secret des candidatures spontanées qui retiennent l'attention des recruteurs

Quel intérêt de postuler dans une entreprise qui n’affiche pas d’offre d’emploi ? Pourquoi certains parviennent-ils à être embauchés via une candidature spontanée et d’autres non ? Des experts en recrutement livrent leurs secrets en la matière.

Les recruteurs aiment les candidatures spontanées


Il faut arrêter de comparer une candidature spontanée à une bouteille à la mer. « C’est faux pour deux raisons, avance la coach Bérangère Touchemann. La première : un important marché caché, à savoir des offres d’emploi qui ne sont pas toujours annoncées. La seconde : une candidature spontanée peut se faire remarquer plus facilement et être lu plus attentivement car elle n’arrive pas dans la masse de candidatures d’une offre publiée. » Donc, non, vous n’avez pas tout le temps besoin d’attendre qu’une offre soit publiée, vous pouvez essayer de devancer les besoins des entreprises et c’est loin d’être une perte de temps. À condition que cette candidature spontanée respecte quelques règles.
 

Cibler et échanger avec le bon interlocuteur


Pour fonctionner, une candidature spontanée doit arriver au bon interlocuteur. Une évidence qui n’en est pas une pour tout le monde, observe Cédric Duquenne, senior manager chez Hays : « Trop souvent, on se contente d’envoyer à une adresse mail générique alors qu’il est désormais facile de trouver en quelques clics l’adresse d’un responsable RH de l’entreprise ou même le responsable opérationnel concerné. » Comment ? En procédant à quelques recherches via LinkedIn ou Viadeo. « D’ailleurs, poursuit Cédric Duquenne, les réseaux sociaux sont là pour cela : faciliter les échanges et donc gagner du temps. » Il serait dommage de ne pas en profiter.
"Dans le mail d’accompagnement et dans la construction du CV, vous devez mettre en avant des compétences ou des expériences en rapport avec un besoin de l’entreprise que vous avez constaté." 

Rattacher sa candidature à un besoin de l’entreprise


Pour créer de l’intérêt, il est recommandé de faire en sorte que sa candidature spontanée ne soit pas envoyée par hasard, estime Pierre Rabozzi, directeur chez Page Personnel : « Dans le mail d’accompagnement et dans la construction du CV, vous devez mettre en avant des compétences ou des expériences en rapport avec un besoin de l’entreprise que vous avez constaté. » Pour cela, vous pouvez mener votre petite enquête sur l’actualité de l’entreprise concernée. Via les réseaux sociaux, la presse spécialisée ou tout simplement Google Actu, vous avez par exemple la possibilité de remarquer l’ouverture récente d’une filiale dans un pays dont vous maîtrisez la langue, où l’obtention d’un marché sur un produit avec lequel vous avez travaillé par le passé. « Vous pouvez aussi susciter un grand intérêt si vous signalez avoir été employé par un concurrent ou chez un client », précise Pierre Rabozzi.
 

Jouer la carte du réseau pour donner conscience


La candidature spontanée nécessite plus que jamais de solliciter son réseau, fait remarquer la coach professionnelle Yasmina Hardi : « Un mail de candidature sera lu plus attentivement si vous parlez d’une connaissance commune qui vous a recommandé de postuler. Cela apporte de la proximité et met en confiance. » Exemple : un ancien camarade de promotion employé dans l’entreprise visé, à qui vous avez passé un petit coup de fil et qui vous a informé sur la personne à contacter et ses besoins du moment. « C’est aussi parfois un réseau de circonstance, poursuit Yasmina Hardi. Par exemple une personne de l’entreprise rencontrée lors d’un salon pour l’emploi et avec qui vous avez eu une discussion. » Vous pourrez ainsi inscrire sur le mail de candidature quelque chose comme "J’ai rencontré XX de votre entreprise avec qui nous avons échangé au sujet de… Je suis moi-même expert dans ce domaine et je me suis dit que vous pourriez être intéressé… "
 

Relancer sans en faire des tonnes


Dernière préconisation pour maximiser ses chances : ne pas hésiter à relancer la personne contactée. « On peut parfois hésiter à le faire mais c’est une erreur, remarque Cédric Duquenne. Il faut savoir être insistant sans non plus tomber dans le harcèlement, sinon c’est courir le risque d’être blacklisté. » Il estime qu’un délai de trois jours pour relancer si on n’a pas de retour est raisonnable, de préférence par téléphone. « Et si vous n’avez aucune nouvelle, ne croyez pas que c’est définitif, ajoute-t-il. Parfois, les candidatures spontanées sont mises de côté et ressorties lorsque le besoin se fait sentir. »
 
>Et vous, envoyez-vous des candidatures spontanées qui suivent ces quelques règles ? Avez-vous des retours ? Racontez-nous ne commentaires.

La rédaction