Les employés demandent moins de formations que les cadres

Une récente étude du Céreq s’est intéressée à la formation professionnelle chez les salariés français. Et il s’avère qu’elle n’est pas du tout perçue et utilisée de la même façon selon le statut du travailleur.

Être plus efficace, acquérir de nouvelles compétences, obtenir des responsabilités ou s’adapter à un changement d’activité… La formation professionnelle est un booster de carrière intéressant. Une récente étude* du Céreq montre que 68 % des salariés souhaitent se former dans les 5 ans à venir. Les professions intermédiaires (74 %), employés de commerce (72 %) et administratifs (68 %) se montrent encore plus motivés que les ouvriers (60 %).
"L’écart entre cadres et salariés moins qualifiés reflète donc des situations et des perspectives différentes. Les salariés moins qualifiés suivent plus souvent des formations imposées."

Se former, mais avec quel objectif ?


Une majorité de salariés souhaite donc suivre une formation professionnelle. Pourtant, les salariés les moins qualifiés sont aussi les moins formés. 22 % des ouvriers non qualifiés ont suivi une formation au cours des 18 derniers mois. Ce chiffre montre à 27 % pour les employés de commerce… contre 56% pour les cadres ! Or les demandes de formation reflètent « la même tendance inégalitaire que l’accès effectif à la formation », souligne le Céreq.
Les professions intermédiaires (37 %), employés administratifs (30 %) ou de commerce (23 %), et ouvriers (19 %) demandent moins de formations que les cadres (50 %). Des demandes de formation qui reflètent les aspirations personnelles. Pour plus de la majorité des employés de commerce, ouvriers non qualifiés et employés administratifs, la formation professionnelle représente une opportunité de changer de métier. Ils ne sont que 36 % des cadres à la voir comme cela. C’est vrai qu’il est difficile de demander à son employeur de financer sa reconversion !
 

Information et dialogue pour favoriser la formation


L’écart entre cadres et salariés moins qualifiés reflète donc des situations et des perspectives différentes. Les salariés moins qualifiés suivent plus souvent des formations imposées, c’est-à-dire qui correspondent aux objectifs de l’entreprise. Insatisfaits, ils invoquent davantage leur droit à la formation (CIF). C’est le cas de 25 % des ouvriers non qualifiés et 23 % des employés de commerce, contre seulement 14 % des cadres.
*Étude réalisée pendant l’été 2015 auprès de 16 000 personnes, représentatives des salariés des entreprises du secteur marchand employant 10 salariés ou plus. 

La rédaction