Les recruteurs vont maintenant tester vos connaissances web avec le TANu

C’est tout nouveau : le TANu va permettre aux entreprises d’évaluer la culture numérique d’un candidat. Un genre de TOEIC appliqué aux nouvelles technologies, qui permet au recruteur de connaître votre potentiel geek.

Il y avait le MBTI (test de personnalité), le TOEIC (certification du niveau d’anglais), voici venu le TANu : en 90 questions et 30 minutes, il dévoile le niveau de culture numérique d’un candidat. « Toutes les entreprises sont confrontées à la problématique de la transition numérique, elles doivent être sûres que leurs nouvelles recrues aient une appétence pour les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, l’informatique », explique David Castéra, directeur de l’agence web Immersive Lab à l’origine du projet.

Un critère d’embauche


Avec ce test, les recruteurs peuvent savoir si vous êtes des cracks de Facebook, si vous savez ce que fait un développeur, ou encore si vous savez relier une marque à son système d’exploitation. Chaque personne évaluée reçoit un passeport mentionnant son score dans cinq catégories : informatique, internet, réseaux sociaux, technologie, économie numérique. Et ce score peut orienter le choix de vous recruter ou non.

Selon David Castéra, le résultat au test permet d’ajouter un critère d’embauche. En clair : un résultat moyen n’est pas éliminatoire et peut être compensé par de très bonnes compétences métier. Cependant, un score médiocre risque d’être rédhibitoire.

Les compétences numériques toujours plus importantes


Quelle est l’utilité d’un test aussi technique ? « Si on pose la question de la maîtrise des outils numériques en entretien d’embauche, tous les candidats affirment être opérationnels. Mais rien ne prouve que ce soit vrai », explique Jean Philippe, directeur général du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne, avec qui l’outil a été élaboré. « Il y a  aussi une dimension symbolique dans ce test : il montre au candidat que la culture numérique est réellement importante pour l’entreprise ».
Au Crédit Agricole, il s’est rendu compte que dans ses équipes, même parmi les jeunes générations, certaines nouvelles recrues ne s’intéressaient absolument pas à Internet. « C’est un problème car tous les métiers aujourd’hui nécessitent une culture du numérique, ne serait-ce que pour utiliser son poste de travail. Un conseiller clientèle doit pouvoir répondre à des clients qui souhaitent effectuer toutes leurs opérations sur le net et connaître la concurrence, des banques en ligne aux sites de crowdfunding. »
Donner de nouvelles responsabilités aux collaborateurs déjà en poste
L’utilité du TANu ne s’arrête pas à l’étape de l’entretien d’embauche. « Il peut être utile pour diagnostiquer les besoins précis en matière de formation et identifier les profils qui ont une maîtrise du numérique au-dessus de la moyenne », explique David Castéra. Ces potentiels deviennent des moteurs de la transformation numérique de la boîte. Un moteur dont aucune entreprise ne peut se passer aujourd’hui. La preuve : alors que l’outil vient à peine d’être lancé, David Castéra croule déjà sous les demandes.

La rédaction