Les seniors français toujours mécontents au travail

Le baromètre annuel Edenred-Ipsos publié fin septembre classe les travailleurs français de 55 ans et plus parmi les Européens les moins épanouis dans leur vie professionnelle.

Les seniors français sont bougons au travail. C’est la conclusion du baromètre annuel Edenred-Ipsos*, qui évalue le bonheur des Européens dans leur vie professionnelle. Un constat qui n’a pas évolué depuis l’an dernier. Sur 13 pays, la France se hisse péniblement à la 10e place. Les raisons évoquées par les travailleurs français de 55 ans et plus ? 60 % d’entre eux considèrent que trop peu d’actions sont menées pour favoriser la transmission et le renouvellement des compétences, un enjeu capital pour rester efficace et à l’aise à son poste. Près de deux tiers des seniors jugent aussi  la gestion des talents menée dans l’entreprise peu efficace et 40 % pensent qu’il faudrait davantage améliorer leur employabilité. Plus inquiétant, seuls 39 % d’entre eux estiment que leur hiérarchie les considère à leur juste valeur.

Les pays du nord en tête du classement


Ces chiffres, plutôt pessimistes, détonnent par rapport à ceux des pays du nord. Les Pays-Bas et la Suède se classent ainsi dans le trio de tête des pays où il fait bon vivre au bureau. Cet optimisme « s'explique notamment par l’existence de politiques sociales qui visent à augmenter les emplois disponibles et à encourager le prolongement des carrières », observe Julia Pironon, consultante pour le groupe Ipsos, qui décrypte les conclusions du baromètre. Parmi les mesures populaires mises en œuvre pour améliorer les conditions des salariés : le télétravail. Les employés suédois sont par exemple 54 % à ne pas se rendre au travail chaque matin... contre 15 % des travailleurs français, selon une étude publiée l’an dernier par l’observatoire Actineo. Autre indicateur qui démontre la bonne intégration des seniors des pays du nord sur le marché du travail : le taux d’emploi. Il s’envole en Suède (74 %), alors que la France embauche seulement 47 % de ses travailleurs de 55 ans et plus. Un chiffre faible par rapport aux bons élèves de l’Europe qui explique en grande partie la morosité des seniors français.
*13 600 salariés issus de 13 pays européens, dont près de 2 000 de 55 et plus, ont répondu à une enquête en ligne du 9 au 21 janvier 2015.

La rédaction