Les techniques de langage pour sortir du lot en entretien d'embauche

Pour réussir un entretien d’embauche, il faut s’entraîner. Et notamment s’entraîner à adopter les mots et formulations qui produiront le plus d’impact auprès des recruteurs. Deux experts révèlent leurs astuces pour mettre toutes les chances de son côté face à un employeur potentiel.

Les auteurs du livre Réussir votre entretien de recrutement, Yves Maire du Poset et Olivier de Clermont-Tonnerre, nous révèlent toutes les astuces de langage pour être plus percutants auprès des recruteurs.
 

Évitez les jugements négatifs


Question classique : un recruteur vous demande pourquoi vous avez démissionné de votre poste précédent. Plutôt que de lâcher “je n’avais pas assez d’autonomie”, entraînez-vous plutôt à dire  “j’avais envie d’une plus grande marge de manœuvre ”. Il suffit parfois de transformer une négation par une affirmation, car si le sens est rigoureusement le même, l’effet produit pas du tout ! Mais ce n’est pas toujours une question de syntaxe, il faut aussi savoir changer sa façon d’aborder les choses. Si vous vous ennuyiez dans votre précédent job, il est tentant de dire “au bout de deux ans, j’avais fait le tour”. Yves Maire du Poset, président du cabinet Piloter ma carrière, suggère alors de reformuler pour dire plutôt : “j’avais atteint les objectifs que je m’étais fixés”. Moins plaintif et plus dynamique.  
"Au lieu de dire “je ne sais pas faire“, suggérez plutôt une mise à niveau en observant “je devrais sans doute monter en compétence sur le plan de…“."
« Mettez donc plutôt du positif dans la forme, même si le fond ne l’est pas », résume le coach. D’ailleurs l’argument vaut aussi si vous avez quelques réserves sur le poste à pourvoir. Si le salaire vous semble insuffisant, évitez  la formule du genre : “le salaire que vous proposez n’est pas motivant”. Au contraire, il est plus stratégique d’assortir sa réserve d’un préambule aimable comme “le poste m’intéresse beaucoup, mais pourriez-vous revoir le niveau de la rémunération ? ”. Et à l’inverse, s’il vous manque une compétence pour le poste, ne confessez pas trop vite votre faiblesse. Au lieu de dire “je ne sais pas faire“ suggérez plutôt une mise à niveau en observant “je devrais sans doute monter en compétence sur le plan de…“.
 

Attention aux petits mots qui tuent


Pour les deux auteurs, il s’agit d’augmenter l’impact de son discours lors d’un entretien en faisant disparaître les mots parasites. « Nous avons, pour la plupart d’entre nous, des tics verbaux passagers, culturels, plus ou moins fréquents, poursuit Olivier de Clermont-Tonnerre. Parmi ces scories du langage, quelques-unes sont très fréquentes, alors faites-y attention ». Le consultant, directeur associé chez Atomos Conseil, cite ainsi des locutions comme en “général” ou “souvent” qui sont à bannir. Autre béquille verbale : beaucoup de candidat abusent du “un peu”. Exemple : “je suis un peu spécialiste de la question” ou encore “je vais vous expliquer un petit peu”. « Pourquoi minimiser ce qui n’a pas besoin de l’être ? », intervient Olivier de Clermont-Tonnerre.
 

Apprendre à choisir des mots “moteurs” pour son discours


« Mettez du dynamisme dans le choix de votre vocabulaire, conseille Yves Maire du Poset.  Prenez conscience de l’impact du choix d’un mot ou d’un autre : c’est la richesse du vocabulaire de la langue française qu’il vous appartient de savoir exploiter à votre avantage. » Pour appuyer sa démonstration, le coach cite quelques mots “freins” à remplacer par des mots “moteurs” comme dire dans “quel but” plutôt que “pourquoi”, “challenge” plutôt que “problème” ou encore “et” à la place de “mais”. Il est dommage de déclarer “je suis très intéressé par ce poste, mais je n’ai pas d’expérience”, quand on peut aussi bien dire “je suis très motivé par ce challenge et je suis prêt à m’investir dans la connaissance du secteur. ”
 

Ne pensez pas à la place du recruteur


Ultime conseil : « ne préjugez pas de la qualité de ce que vous faites, insiste Olivier de Clermont-Tonnerre. Laissez, par exemple, à l’autre le soin de juger qu’un résultat est, en fait, un échec, que votre parcours est atypique ou bien le fruit du hasard ou bien encore exceptionnel ». Pourquoi braquer le recruteur en lançant  “j’ai un parcours atypique”. Notre consultant vous recommande plutôt une formulation plus neutre, et donc plus positive, comme “mon parcours professionnel s’articule en X phases” ou “j’ai mené ma carrière professionnelle de façon à pouvoir… ”.
 
Il ne vous reste plus qu’à vous enregistrer pendant votre préparation pour prendre conscience de toutes les améliorations à apporter à votre discours et qui vous permettront d’avoir plus d’impact devant le recruteur.

La rédaction