Les vraies raisons pour lesquelles le recruteur vous propose un CDD plutôt qu'un CDI

Les règles de recours au CDD sont connues en théorie. Mais il y a… la réalité. Les vrais freins à l’embauche en contrat long ne sont pas les mêmes selon le secteur ou la taille de l’entreprise. Explications.

Sur le marché de l’emploi, le rêve du CDI se heurte souvent à la dure réalité du CDD. Même si les intentions d’embauche en contrat à durée indéterminée ont augmenté en 2017, les entreprises continuent de recruter majoritairement en CDD. Ce contrat à durée déterminée devrait représenter 61,7 % des quelques deux millions de projets de recrutements prévus, selon l’étude annuelle de Pôle emploi et du Crédoc.
Sans surprise, 69 % des recruteurs expliquent ce recours au CDD par un « besoin en main-d’œuvre limité dans le temps ». Ce qui correspond à  la définition légale du CDD. Mais une autre récente analyse*, menée par le ministère du Travail et compilant plusieurs études, a creusé les véritables motifs de recours au CDD en fonction du type d’entreprise.  Des conclusions très intéressantes à connaître pour adapter ses recherches en fonction des secteurs et des tailles d’entreprises visées.
« Mise à l’essai, habitude du secteur, peur de la rigidité du CDI… »

 


1)    Évaluer vos compétences


Globalement, 65 % des recruteurs utilise le CDD comme une mise à l’essai permettant de vous évaluer pendant que vous faites vos preuves.
A retenir :
  • Plus l’entreprise est petite, plus elle recourt au CDD. Ainsi, 70 % des TPE avouent y recourir pour évaluer vos compétences avant une embauche en CDI. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, elles ne sont plus que la moitié à l’utiliser pour ce motif.
  • La construction (78 %) se place largement en tête des secteurs qui se servent du CDD comme antichambre du CDI. Suivie par l’industrie (71 %) ou encore le commerce, les transports, les activités financières et immobilières (66 %).
 

2)    Protéger l’entreprise… ou par habitude


56 % des recruteurs utilisent le CDD comme variable d’ajustement. En cas de ralentissement de l’activité, ils estiment que le risque sera plus limité pour l’entreprise.
A retenir :
  • Ils sont même 63 % à invoquer cette raison dans les TPE contre seulement 40% dans les entreprises dépassant les 200 salariés.
  • Ce motif affecte en priorité les secteurs de la construction (67 %) et des services aux particuliers (63 %). Ces employeurs se montrent réticents aux engagements durables.
Par ailleurs, la même proportion de recruteurs (56%) recrute en CDD « par habitude ».
A retenir :
  • Cet usage décomplexé du CDD concerne avant tout les postes peu qualifiés d’employés ou d’ouvriers (62 %). Les cadres et professions intermédiaires sont beaucoup moins nombreux (40 %) à être concernés par ce réflexe.
  • Ce motif est plus répandu dans le secteur public (67% des établissements relevant de l’administration, la santé ou de l’enseignement) et les services aux particuliers (64 %) et beaucoup moins dans les services aux entreprises (47 %).
>> Lire aussi : 5 raisons de chercher un CDD plutôt qu’un CDI
 
3)      Éviter  la « rigidité » du CDI
Coût financier du licenciement, formalités de rupture, incertitudes en cas de recours juridique… Au final, 45 % des entreprises préfèrent recruter en CDD par crainte de la « rigidité » du CDI. Ce n’est donc pas un motif prioritaire pour la majorité
A retenir :
  • Les recruteurs invoquent plus souvent ce motif réglementaire en région parisienne, dans le Nord, les départements d’Outre-mer (DOM) et à l’étranger.
  • La présence d’un service RH semble diminuer les craintes d’embaucher en CDI.
  • Plus le nombre de CDI est élevé dans l’entreprise, moins l’entreprise invoque cette raison.
*Etude publiée le 26 octobre 2017 par la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail à partir des bases de données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

La rédaction