Lettre de motivation et reconversion : convaincre les recruteurs

Si vous avez changé d’orientation au cours de votre carrière, vous avez intérêt à bétonner votre lettre de motivation pour espérer décrocher un entretien. Deux pros du recrutement vous dévoilent les arguments qui permettent aux candidats en reconversion de convaincre un employeur.

Indispensable pour décrocher un entretien d’embauche


« S’il y a bien un cas où la lettre de motivation est indispensable, c’est dans celui de la reconversion ! » Directrice senior chez Page Personnel, Estelle Raoul dément la théorie selon laquelle les reconvertis peuvent attendre l’entretien pour s’expliquer. Car sans cette fameuse lettre, difficile de convaincre un recruteur de vous rencontrer vous, plutôt que la montagne de profils plus rassurants qui l’attend…
L’exercice de la lettre de motivation est donc plus important pour ceux qui ont changé de carrière, mais pas forcément plus compliqué que pour un candidat au parcours linéaire. C’est ce qu’explique Paul Blanvillain, consultant chez Taylor Made Recrutement : « les fondamentaux restent les mêmes. La lettre doit être personnalisée et concise, respecter un plan clair et éviter la survente. » Elle diffère toutefois sur certains points.

Expliquez son parcours et ses choix


« Expliquer, surtout pas s’excuser… », insiste Estelle Raoul. Les chercheurs d’emploi ayant changé d’orientation ont tendance à considérer leur première carrière comme une erreur. Et en tentant de la justifier, ils ne réussissent généralement qu’à s’enfoncer. Alors qu’il leur suffirait d’assumer.
« Expliquez la logique de votre parcours, conseille Paul Blanvillain. Ainsi, si vous passez des achats au marketing, il y a une certaine cohérence. Vous pouvez faire remarquer que vous avez été en contact avec le marketing dans votre métier d’origine et que le secteur vous a toujours attiré. Même remarque si vous occupiez un poste opérationnel et que vous voulez devenir recruteur, par exemple. » Il peut même s’agir d’une très bonne accroche pour attirer l’attention.
Et si votre parcours n’a rien de logique ? Alors concentrez-vous sur le "pourquoi". « Pas le pourquoi de la reconversion, note toutefois Estelle Raoul. Mais le pourquoi de ce nouveau poste. » Car c’est là la grande question que va se poser le recruteur, et ce quel que soit le temps consacré à votre premier métier. L’honnêteté et la transparence sont ici vos meilleures alliées.

Rassurez le recruteur sur vos compétences


« Sera-t-il compétent ? Saura-t-il s’adapter ? », ce sont les premières questions que se pose un employeur lorsqu’il reçoit le CV d’un reconverti. Marquez des points en répondant très vite à ces interrogations au sein de votre lettre de motivation. Les arguments rassurants par excellence ? La formation et le stage. Estelle Raoul les croit même indispensables. « Franchement, même si le recruteur est ouvert d’esprit, face à un candidat qui a déjà occupé la fonction, décrocher le poste sans aucune qualification ou expérience est quasi impossible. » Insistez donc sur les démarches qui vous ont permis d’acquérir des compétences dans votre nouveau métier. Et même si elles figurent déjà dans votre CV, citez dans la lettre de motivation les formations suivies, en particulier si elles ont mené à l’obtention d’un diplôme.
N’oubliez pas non plus que par rapport à un jeune diplômé, vous partez avec une longueur d’avance. Votre maîtrise du monde de l’entreprise, votre parfaite connaissance de vos propres qualités et défauts, ainsi que vos compétences comportementales éliminent certains risques.

Vendez vos compétences


Croyez le ou non : « certains recruteurs préfèrent les reconvertis ! », annonce Estelle Raoul. La raison ? Leur motivation. Les candidats qui se sont réorientés choisissent avec le plus grand soin leur nouveau domaine de prédilection. Et ils se dotent d’une vision sur le long terme qui manque parfois à d’autres. Par conséquent, n’hésitez pas à mentionner vos projets de carrière sur vingt ans.
Pensez aussi à traduire vos compétences en aptitudes qui vous serviront dans votre nouveau métier. « Admettons que vous veniez de passer quinze ans à un poste. Même s’il n’a rien à voir avec celui que vous visez aujourd’hui, vous y avez appris quelque chose, c’est inévitable », rassure Paul Blanvillain. Vous étiez prof et vous répondez à une annonce de gestionnaire de paie ? Vous faites forcément preuve de capacités d’organisation hors du commun. Une qualité recherchée chez tout bon gestionnaire de paie.
Enfin, rappelez à votre futur employeur que l’ouverture est un avantage : un parcours riche de différentes expériences, c’est et d’un regard neuf sur les problèmes. Et réussir à transformer en atout ce qui pourrait passer pour un inconvénient, ça aussi, c’est une qualité qui se vend.

La rédaction