Paca : un marché de l'emploi très concurrentiel et hausse de l'intérim

Grâce à de quelques grands pôles économiques et la qualité de vie qu’elle propose, la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur continue d’attirer des salariés de tous secteurs. Pour autant, tout n’est pas rose. Si certains secteurs sont dynamiques, d’autres entrevoient à peine la sortie de crise.

Une attractivité géographique


Une récente étude du cabinet Michael Page a désigné la région Sud-est comme étant la plus attractive de France. L’ensoleillement et la proximité avec la mer contribuent énormément à ce sentiment. Parmi les atouts que les sondés prêtent à la région, 53 % citent la qualité de vie et 35 % la situation géographique, bien avant les opportunités de carrière (7%) et l’ouverture à l’international (2%).
D’après cette enquête, ce sont les salariés venus d’Île-de-France et de Rhône-Alpes qui affluent le plus vers le Sud-est. Victime de son succès, la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur connaît donc « un taux de turnover très faible », a pu constater Claude Péridier, responsable du cabinet Adsearch sur les fonctions commerciales et support.
Puisque chaque année, les salariés sont de plus en plus nombreux à élire domicile en Paca, les opportunités professionnelles se raréfient. En particulier pour les candidats les plus diplômés. « Le quota de postes de cadres à pourvoir dans la région reste insuffisant par rapport à la demande », confirme Claude Péridier. Une tendance qui constitue un véritable frein pour les candidats à la mobilité.

De nombreux pôles sectoriels mais tous ne recrutent pas


La région Provence-Alpes-Côte-d’Azur est marquée par la diversité de ses secteurs d'activité. « Les filières du transport, de la fabrication et de l'entretien sont fortement implantés à Salon-de-Provence et Martigues tandis que le gros de l'activité touristique se concentre autour de Fréjus, Menton et Briançon », explique Sylvain Adaoust, chargé d'études pour l'Insee en Paca.
Après avoir été fortement impacté par la crise économique, le secteur tertiaire, qui représente la moitié des salariés de la région, semble à son tour sortir la tête de l’eau. Parmi les domaines également favorisés par la conjoncture, Laure Razurel, division manager pour OfficeTeam, cite l’administration des ventes. « Les propositions sont nombreuses pour les profils maîtrisant les logiciels SAP et justifiant d’une bonne connaissance de l'anglais. »
Dans les centres d’appels, l'offre est également soutenue en ce qui concerne les profils de techniciens hotline ou de conseillers de service clientèle. Pour autant, si de nombreux secteurs d’activités semblent en bonne forme, ce n’est pas le cas de tous. « Le courant d'affaires est favorable dans le transport et la communication mais on observe, en ce début d'année, un recul de la réparation automobile et du nettoyage », tempère la dernière analyse de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de la région.

Sophia Antipolis : le succès de l’innovation


Le technopôle Sophia Antipolis, véritable joyau de Paca, tire la région vers le haut. Il concentre environ 1 400 entreprises, plus de 30 000 emplois directs et recrute chaque année entre 900 et 1 000 nouveaux salariés. Sorti de terre il y a une quarantaine d’années, ce pôle d’attractivité génère environ 50 % du PIB annuel du département des Alpes-Maritimes. Soit 6 milliards d’euros par an.
Sophia Antipolis regroupe des entreprises dans des domaines de pointe tels que ceux des technologies de l’information et de la communication (TIC), des multimédias, des sciences de la vie (biochimie et médecine) et de l’énergie (gestion de l’eau, développement durable…). Un eldorado pour les ingénieurs, chefs de projets, chercheurs…

L’intérim en hausse en Paca


Une autre tendance semble se dessiner dans la région Paca : face à une baisse du nombre de commandes, les entreprises du secteur des services jouent la carte de la prudence et ajustent le volume de leur personnel. Un nombre croissant d’entre elles sous-traitent une partie de leur activité courante, comme l'indique l'augmentation du recours à l'emploi intérimaire.
Témoin d'une croissance de 40 % en un an de son activité pour la région Paca, l’agence d’intérim OfficeTeam confirme cette tendance. « La majorité du temps, l'embauche d’assistants est liée à un surcroît d'activité de ces entreprises », explique Laure Razurel. L’agence, spécialisée dans les métiers de l’assistanat, recrute essentiellement dans le département des Bouches-du-Rhône. « Plus de la moitié de nos clients, qui sont à la fois des grands groupes et des TPE, sont actuellement concentrés sur Marseille », indique-t-elle.

La rédaction