Papa Charlie roule pour les chômeurs responsables

Parce que l’inégalité d’accès aux transports en commun existe, une association loue aux plus modestes des véhicules pour un forfait quotidien de 4 euros. Néanmoins le contrat de location est limité pour responsabiliser les bénéficiaires et favoriser le turn-over.

« Nous ne sommes pas un loueur de voitures, nous faisons de l’insertion sociale. » Dans le contexte actuel de crise, l’activité de Papa Charlie, une asso fondée en 1997, connaît un nouvel écho. Selon Patrick Dugard, le fondateur, par ailleurs chef du pôle partenariat économique et social à Aéroport de Paris, « de nombreux chômeurs habitant dans des zones peu desservies en transport en commun ne peuvent accéder à l’emploi parce qu’ils ne possèdent pas de véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail.
A Orly et Roissy-Charles-de-Gaulle, je me souviens qu’avant la création de Papa Charlie, les DRH avaient l’habitude de classer les CV sélectionnés en deux piles. L’une pour les candidats possédant une voiture ; l’autre pour ceux qui n’en avaient pas. L’objectif de notre association est de suppléer une carence.

Forfait tout compris


Désormais, tout chômeur, Rmiste, intérimaire, stagiaire de la formation professionnelle francilien et depuis peu picard dans l’impossibilité d’utiliser les transports en commun et pouvant justifier d’une promesse d’embauche, a la possibilité de louer un véhicule pour un forfait de 4 euros par jour. « Ce prix comprend l’assurance, l’assistance et la maintenance de la voiture. Il ne reste plus qu’à remplir le réservoir » annonce Patrick Dugard. 300 € de dépôt de garantieQu’il soit recruté en CDD ou CDI, chaque demandeur d’emploi bénéficie d’un contrat de location de 4 à 8 mois afin de lui donner le temps de constituer une épargne pour s’acheter sa propre automobile. Un principe de départ qui permet aussi un turn-over équitable entre les nombreux candidats à la location. Mais tout service à ses contreparties : à savoir, un dépôt de garantie de 300 euros (avec possibilité de versements échelonnés) ; l’obligation de n’utiliser le véhicule que pour les trajets travail/domicile ; enfin, une visite mensuelle pour contrôler le bon entretien du véhicule. Le prix pour se remettre sur le bon chemin.

La rédaction