Parler de ses qualités et défauts en entretien d'embauche : les pires réponses

La question sur vos qualités et défauts est un classique de l’entretien d’embauche. Mais êtes-vous sûr d’avoir bien préparé votre réplique ? Pour vous aider à vous démarquer face aux recruteurs, voici un tour d’horizon des réponses à bannir.

« J’en sais rien… »


C’est sans doute la pire réponse à laquelle peut s’attendre un recruteur. « Lorsque je pose la question sur les qualités et les défauts, je teste la clairvoyance du candidat ainsi que sa capacité à prendre du recul sur sa personnalité », explique Miguel Labourg, DRH de SAS France. Si vous répondez par un haussement d’épaules, vous renvoyez l’image d’un candidat qui est incapable de se remettre en cause.
Pour Cécile Bernat Huet, consultante RH à L’Atelier du recrutement, cette réponse peut porter préjudice aux candidats briguant des postes à responsabilités. « À moins qu’il soit jeune, auquel cas le recruteur pourra l’excuser, un manager doit absolument faire preuve d’analyse vis-à-vis de lui-même. Si ce n’est pas le cas, cette attitude peut être rédhibitoire. » Si vous ignorez vraiment quels sont vos qualités et défauts, plongez-vous dans le compte-rendu de votre dernier entretien d’évaluation ou essayez de vous rappeler quelles remarques revenaient le plus souvent lors de votre précédente expérience.
"Ne vous contentez pas de dire « j’ai de bonnes facultés d’adaptation ». Étayez cette idée en racontant au recruteur une expérience professionnelle durant laquelle cette qualité vous a permis de remporter des batailles."
 

« Je suis exigeant, perfectionniste, tenace… »


Jugées trop bateau, ces qualités font généralement chou blanc en entretien : elles ne permettent pas à un employeur de cerner correctement votre personnalité. Au top 5 des expressions qui ne font pas recette, on retrouve également « je suis dynamique », « je suis têtu », « je suis doté d’une grande capacité d’écoute », « je suis rigoureux » et « j’ai un bon sens du contact ». Ces réponses passe-partout sont d’autant plus insignifiantes si les qualités évoquées ne ressortent pas dans votre CV. « Un candidat qui a le sens de l’effort mais qui ne pratique pas d’activité sportive sème le doute. De même que celui qui dit aimer le travail en équipe mais qui ne consacre pas une partie de son temps à une association ou à un club », estime Miguel Labourg.
 

« Je n’ai que des qualités ! »


Cette réponse agace les recruteurs, qui y voient, au mieux, un manque de recul, au pire, un manque de sincérité. Cette confiance en soi peut être interprétée comme un excès de zèle. « Elle peut traduire une volonté de trop en faire, de surjouer », confirme Cécile Bernat Huet. Le mieux reste donc de citer deux défauts qui ne les feront pas fuir. Mais ne vous tirez pas une balle dans le pied en n’évoquant que vos défauts pour autant. « Pour le candidat, le but d’un entretien d’embauche est de se vendre de manière honnête, sans pour autant se dévoiler complètement. Maximiser ses points forts et aborder brièvement ses défauts doit donc être sa priorité », rappelle Pascal Colson, associé chez NC Partners.
 

« J’ai de bonnes facultés d’adaptation, point barre. »


Citer une qualité ou un défaut sans l’illustrer par un exemple a peu d’intérêt. « Plutôt que d’attendre que le recruteur demande au candidat des précisions sur la qualité citée, mieux vaut prendre les devants et expliquer dans quel contexte celle-ci a été valorisée », souligne Cécile Bernat Huet. Ne vous contentez pas de dire « j’ai de bonnes facultés d’adaptation ». Étayez cette idée en racontant au recruteur une expérience professionnelle durant laquelle cette qualité vous a permis de remporter des batailles : l’arrivée dans une nouvelle équipe de travail, l’implémentation d’un nouveau logiciel en interne, la première mission interculturelle qu’on vous a confiée…
 

Les défauts incompatibles avec la nature du poste


Certains défauts peuvent être inconciliables avec le poste que vous visez. Si vous avez un profil de financier ou de comptable par exemple, évitez de vous décrire comme mal organisé. De même, un commercial « chasseur » qui se dit timide ne peut convaincre un recruteur : s’il est sur la réserve, il ne pourra pas gérer un portefeuille de clients. Les encadrants doivent, quand à eux, être attentifs aux défauts concernant leur manque d’écoute. « Un manager qui m’explique qu’au cours d’une de ses précédentes missions, il a manqué de temps à consacrer à son équipe me laisse croire qu’il ne sait pas définir ses priorités », illustre Miguel Labourg.

La rédaction