Pas intéressé par une offre de job ? Comment répondre sans griller une autre opportunité

Le poste qu’on vous propose ne vous convient pas ? Au moment de répondre au recruteur, ne perdez pas de vue qu’il pourrait, à l’avenir, avoir des opportunités plus intéressantes. Voici quelques conseils pour refuser tout en donnant envie à votre interlocuteur de vous recontacter.

Franchise et courtoisie


Alain Jacob, président d’AJ Conseil et membre de l’association nationale des DRH, est formel : « Il faut savoir rester poli en toutes circonstances. » Y compris quand la proposition d’emploi en question est jugée insuffisante : « Il peut y avoir un manque d’intérêt financier ou des perspectives d’avenir incertaines. Il faut savoir l’expliquer avec franchise. Si l’argumentation est bonne et sincère, ce sera généralement compris des recruteurs. » Un point de vue partagé par Julien Delair, consultant senior chez Hays, qui apporte une nuance : « Autant que possible, il faut être franc vis-à-vis de son refus mais attention tout de même à ne pas dénigrer la société qui vous propose un emploi. » Il n’existe pas de petites propositions qui ne méritent que dédain ou moquerie, toutes doivent être respectées. Les recruteurs d’une même branche professionnelle peuvent être amenés à communiquer entre eux et il serait dommage que vous passiez pour quelqu’un de malpoli. Il faut savoir envisager sa carrière sur le long terme et ne pas se griller.

Une réponse rapide mais pas précipitée


Selon Gaëlle Marre, directrice d’Office Team, division de Robert Half spécialisée dans l’assistanat, « il est important de ne pas faire perdre trop de temps au recruteur. Il faut se mettre à sa place : plus vite il aura un retour de votre part, même s’il s’avère négatif, plus vite il pourra avancer dans son process de recrutement. » Attention tout de même, prévient Julien Delair, à ne pas prendre une décision trop précipitée : « Refuser une offre à chaud, ce n’est pas idéal. Mieux vaut peser le pour et le contre avant de donner sa réponse. » À tête reposée, une proposition d’embauche peu engageante au départ peut présenter des avantages insoupçonnés : des missions plus motivantes que celle effectuées avec votre employeur actuel, une rémunération pas si désavantageuse, etc. Alain Jacob prévient tout de même : si vous vous rendez à un entretien d’embauche, il faut que ce dernier soit constructif. « J’ai eu par exemple le cas typique de ce qu’il ne faut pas faire, illustre-t-il. J’avais convoqué une personne à un entretien car je pensais qu’elle avait le profil idéal. La discussion était à peine entamée que cette personne m’a interrompu pour me dire qu’elle n’était pas du tout intéressée mais qu’elle souhaitait simplement se faire connaître de moi ! » Mauvaise approche.
 

Le téléphone plutôt que le mail ?


Il existe trois manières d’exprimer un refus : en tête à tête à l’issue de l’entretien, par téléphone ou encore par écrit. Le premier cas de figure n’étant pas recommandé pour éviter de prendre une décision précipitée, reste les deux autres. Julien Delair conseille de privilégier la réponse par téléphone, « plus directe qu’un mail. Ça permet de mieux exprimer ses arguments et d’échanger avec la personne si nécessaire. » Un échange qui peut vous permettre de réaffirmer ce que vous cherchez pour que votre interlocuteur pense à vous pour d’autres opportunités.  Le mail n’est pas pour autant à bannir, estime de son côté Alain Jacob : « Certains candidats utilisent mieux l’écrit que d’autres. Un refus par mail peut très bien passer s’il est rédigé avec courtoisie. Dans tous les cas, dites-vous bien qu’à moins de vraiment mal se comporter, ce n’est pas parce que vous refusez un job une fois que votre nom est rayé de la base de données des recruteurs. »
 

Expliquer son refus peut changer les choses


Il y a de nombreuses raisons de refuser une offre d’emploi. Pour certaines, en discuter avec l’employeur peut vous faire reconsidérer les choses. « Je demande parfois à certains candidats qui n’ont pas eu le feeling en entretien qu’ils réfléchissent bien. L’entretien s’est-il passé avec une personne des RH ou avec son possible supérieur hiérarchique ? Car dans le premier cas, il peut être bon de solliciter un deuxième entretien pour mieux juger de la compatibilité dans les relations humaines au sein de l’entreprise », argue Gaëlle Marre. Enfin, Alain Jacob conclut sur l’argument de la rémunération : « Parfois, le salaire et les avantages proposés sont effectivement trop loin des exigences du candidat mais dans d’autres cas, il peut s’agir d’une base de négociation. » Dans ce cas, mieux vaut ne pas répondre par un refus net et irrémédiable.

Régis Delanoë