Passez-vous pour un candidat casse-pieds en entretien d'embauche ?

En vous conviant à un entretien, un employeur veut en savoir plus sur votre expérience professionnelle, mais il veut aussi évaluer votre capacité à intégrer son équipe. Attention donc que le stress du rendez-vous ne vous fasse pas passer pour un salarié avec qui il sera difficile de travailler.

Vous dénigrez votre ancienne entreprise


"Le manager faisait n’importe quoi." Voilà une phrase que les recruteurs entendent parfois lorsqu’ils demandent à un candidat pourquoi il a quitté son précédent poste. « Qu’est-ce qui me dit qu’il ne fera pas pareil pour moi ? », s’interroge Stéphanie Le Prieur, chargée de recrutement chez Azeo. Outre cette crainte, une telle réaction peut faire penser que vous ne prenez pas vos responsabilités à cœur et que vous risquez d’accuser vos futurs collègues en cas d’échec.
" Il est dans votre intérêt de prendre sur vous, même si vous n’aimez pas la direction que prend la conversation." 

Vous lui coupez la parole


« Il m’est déjà arrivé, après m’être fait couper la parole plusieurs fois, de dire "attendez, laissez-moi finir pour que vous voyiez où je veux en venir", se souvient Stéphanie Le Prieur. Mais le candidat a continué de me couper. » L’indulgence des recruteurs à des limites et cette attitude se traduit par "personnalité revêche et difficultés à travailler en équipe".
 

Vous menez l’entretien à sa place


« Certains oublient que c’est moi le recruteur et que c’est à moi de mener l’entretien. Dès qu’ils passent la porte du bureau, ils prennent la main », regrette Louise Enescaux, consultante chez Hudson. Le diagnostic : trop autoritaire ! Le stress n’excuse pas tout et, à moins de postuler pour un métier de top manager ou de dirigeant, il vous sera difficile de faire passer ce défaut pour une qualité.
 

Vous vous intéressez plus à la forme qu’au fond


« Certaines questions indiquent que le candidat s’intéresse aux aspects pratiques plus qu’au poste en lui-même », prévient Sébastien Canard, co-fondateur d’Opensourcing. Nombre de RTT, horaires négociables, avantages divers… Votre curiosité est légitime mais doit se retrouver au second plan par rapport aux sujets plus primordiaux tels que les missions du poste, sans quoi vous passerez pour un candidat difficile qui refusera de renoncer à ses ponts en cas de dossier à traiter d’urgence.
 

Vous vous mettez trop en avant


Certes, l’entretien est le moment de vous valoriser. Mais ce n’est pas une raison pour prétendre que vous portez le monde sur vos épaules. Comme le remarque Stéphanie Le Prieur, « trop se mettre en avant et minimiser l’importance du travail en équipe à d’anciens postes, ce n’est pas une bonne idée. » Les profils individualistes à l’extrême n’ont pas leur place dans l’entreprise : ils risquent de tirer la couverture à eux.
 

Vous chipotez


Il y avait une faute d’orthographe dans l’offre d’emploi et vous ne pouvez pas vous empêcher d’en faire la remarque lors de l’entretien ? Vous passerez vite pour une personne capable de compliquer la vie de ses collègues pour des détails sans grande importance. « Après, il faut relativiser, admet Sébastien Canard. On peut aussi penser que les tatillons seront rigoureux dans leur travail et qu’ils auront des exigences tout aussi élevées pour eux-mêmes. »
 

Vous n’acceptez pas les remarques


« Une personne colérique ou susceptible, qui n’accepte pas les remarques, qui prend mal les questions ou qui a une attitude agressive, ne s’intégrera pas bien en entreprise », d’après Louise Enescaux. À moins que le recruteur ne vous pose une question personnelle qui n’a rien à voir avec le poste visé, il est dans votre intérêt de prendre sur vous, même si vous n’aimez pas la direction que prend la conversation (explication d’un trou dans le CV, de votre départ d’une entreprise…).
 

Vous arrivez en retard sans prévenir


Les imprévus, ça arrive, et la plupart du temps, les recruteurs savent se montrer compréhensifs… Pour peu que vous préveniez ! « En fait, un candidat casse-pied, c’est quelqu’un dont l’attitude globale traduit un non-respect des autres et des règles de politesse, résume Louise Enescaux. Quand on va arriver en retard, on prévient et on s’excuse, c’est la moindre des choses. »

La rédaction