Pour en finir avec les discriminations des femmes de plus de 45 ans

« Trop chères », « capacité d’adaptation limitée » : ces critiques qui collent à la peau des femmes d’expérience sont épinglées par la dernière étude de l’association Force Femmes.

Carboniser les clichés sur les femmes de plus de 45 ans au travail : c’est le but de la récente étude "Oser !", réalisée par Force Femmes. Depuis 10 ans, cette association les aide à retrouver un emploi. Malgré leur expérience, leur autonomie et leur capacité de recul vantées par une majorité de DRH : de nombreux salariés estiment toujours que les travailleuses seniors manquent de dynamisme ou revendiquent un salaire trop élevé.
Des idées reçues fausses puisque la quasi-totalité des femmes de plus de 45 ans sont prêtes à réaliser d’importantes concessions pour retrouver un job. Notamment revoir leur rémunération à la baisse (jusqu’à 40 % !) ou leur temps de travail à la hausse pour satisfaire les exigences de leur futur employeur.
"La pression exercée sur les femmes de plus de 45 ans est surtout invisible : elles intègrent les stéréotypes négatifs véhiculées par l’entreprise –manque d’adaptation, mauvaise maîtrise des outils numériques- et perdent leurs moyens pendant les entretiens d’embauche."

Une discrimination limitée pour les DRH


Autre chiffre révélateur de l’étude : 47 % des cabinets RH, qui jouent un rôle crucial entre la candidate et l’employeur, considèrent difficile de placer une chercheuse d’emploi senior à un nouveau poste. Plus alarmant : 76 % des femmes sondées estiment que l’âge constitue un frein professionnel. Mais tout n’est pas perdu puisque les trois quarts des candidatures de femmes seniors proposées par des cabinets RH sont acceptées par des entreprises qui n’envisageaient pas d’embaucher ce type de profils.
Pour les directeurs de ressources humaines interrogés, les candidates seraient évincées pour des raisons valables : un CV mal renseigné, une enfilade d’expériences trop courtes… Ou encore l’envoi d’une candidature trop impersonnelle. Des motifs qui n’ont rien à voir avec l’âge ou le genre. En réalité, la pression exercée sur les femmes de plus de 45 ans est surtout invisible : elles intègrent les stéréotypes négatifs véhiculées par l’entreprise –manque d’adaptation, mauvaise maîtrise des outils numériques- et perdent leurs moyens pendant les entretiens d’embauche.
 

Comment lutter contre l’autocensure


Un phénomène corroboré dans l’étude par les réponses des cabinets RH, qui estiment que 76 % d’entre elles font preuve d’autocensure. « Dans certains secteurs comme l’informatique, les femmes n’osent pas postuler parce qu’elles ne se sentent pas légitimes », explique Sophie Hollanders, qui accompagne les membres de Force Femmes depuis 5 ans. « Et quand un poste s’ouvre en interne, les hommes candidatent davantage à niveau de compétences égal ou même inférieur : il faut oser ! »
Pour lutter contre un manque de confiance chronique, symptôme majeur de l’autocensure, Véronique del Frate, coach professionnel et bénévole chez Force Femmes, préconise la stratégie des petits pas. « Il s’agit de diviser ses activités en tâches faciles à remplir dans la journée, pour se refamiliariser avec la réussite et reconquérir une estime de soi », explique-t-elle. « On a aussi tendance à oublier ses propres compétences : retrouver d’anciens collègues qui ne les ont pas oubliées peut faire l’effet d’une piqûre de rappel très motivante. » L’objectif numéro un : faire sauter vos verrous intérieurs pour reprendre l’initiative… et vous épanouir enfin dans votre vie professionnelle. 

La rédaction