Prétentions salariales : comment évaluer son juste prix ?

Vous n’êtes jamais très à l’aise en entretien d’embauche quand retentit la question « Quelles sont vos prétentions salariales » ? Prenez garde, car estimer sa valeur sur le marché est primordial pour être pris au sérieux. Ne vous laissez plus coincer sur le sujet grâce aux conseils de nos experts.

Les prétentions salariales : un enjeu de taille


Il est rare que les recruteurs ne posent pas la question des prétentions salariales. « J’ai l’habitude de l’aborder en toute fin d’entretien, après avoir échangé sur le projet professionnel du candidat », explique Paul Blanvillain, consultant au sein du cabinet Taylor Made Recrutement.
Si certains répondent avec précision, d’autres sont beaucoup plus évasifs. « Les jeunes candidats sèchent souvent sur cette question. Nous sommes tolérants avec les profils techniques ou créatifs, moins avec les commerciaux. Dans ce cas, ce n’est plus une simple erreur, mais une faute. »
Un candidat qui n’a aucune idée de sa valeur sur le marché de l’emploi part en effet avec un handicap. « Cela dénote un manque de maturité et de professionnalisme », confirme Jean-François Roquet, directeur général associé du cabinet FSC.
 

Basez-vous sur des indicateurs fiables


Plutôt que de rester vague face à cette question, le mieux reste de s’y préparer en croisant les différentes études de salaires. Elles sont disponibles dans la presse, sur les sites des cabinets de recrutement mais aussi auprès de votre ancien établissement scolaire. « Les écoles de commerce ou d’ingénieurs ainsi que les universités réalisent des grilles de rémunération fiables à partir des salaires de ses anciens étudiants », explique Paul Blanvillain.
Attention à vérifier quelles composantes de rémunération ces études prennent en compte. « Dans une grande entreprise, un package global comprend généralement une partie fixe sur 12 ou 13 mois, voire plus, et une partie variable pour les fonctions commerciales. Cette rémunération peut être complétée par un intéressement, une participation, un plan d’épargne d’entreprise ainsi que d’autres avantages comme un véhicule », rappelle Jérôme Fourmentin, consultant au sein du cabinet Labeille Conseil.
Les sites emploi, les forums et les réseaux sociaux sont également des sources sérieuses auxquelles vous pouvez vous référer. Tout comme les sites carrières des sociétés qui « permettent aux candidats de comparer leur profil avec ceux qu’emploie l’entreprise », glisse Jean-François Roquet.
 

Un montant réaliste et justifié


En donnant au recruteur un montant trop élevé durant l’entretien, vous risquez de l’échauder. En annonçant une somme inférieure à ce qu’il avait prévu, vous pouvez renvoyer l’image d’un candidat qui ne mesure pas les enjeux du poste.
Plutôt que d’arriver en entretien avec un chiffre précis, préférez indiquer une fourchette de rémunération serrée. « En moyenne, il doit y avoir 10 à 15 % entre le montant le plus bas et le plus haut », explique Paul Blanvillain. Une fourchette à évaluer en fonction du niveau de responsabilités du poste, de la taille de l’entreprise mais aussi de sa localisation géographique. Le coût de la vie n’étant pas le même à Paris qu’en province.
Pour éviter de donner des montants irréalistes, essayez également de déterminer comment se positionne votre candidature parmi celles de vos concurrents. Le marché de l’emploi étant régi par la loi de l’offre et de la demande. « Un candidat qui sort d’une école de catégorie A ou B ne pourra pas forcément obtenir un salaire de référence, et ce même s’il existe des grilles. Il faut qu’il prenne en compte le marché avec ses tensions et ses opportunités », note Jérôme Fourmentin.
 

Quelle est votre marge de manœuvre ?


Votre fourchette de rémunération ne convient pas au recruteur ? « Il est inutile de s’arc-bouter sur un montant, prévient Jean-François Roquet. Lorsqu’on est débutant le prix auquel on négocie son service n’est pas fondamental. Ce qui l’est, c’est d’avoir une expérience professionnelle. »
Plutôt que de refuser en bloc les propositions salariales du recruteur, le mieux est de faire preuve de souplesse, sans se brader pour autant. Et pour cause : « il sera ensuite difficile, pour le candidat, de rattraper son écart de salaire au cours de sa carrière », assure Paul Blanvillain.
Sachez que certaines spécialités ou compétences peuvent vous permettre de prétendre à plus. « La maîtrise totale d’une ou de plusieurs langues étrangères comme l’allemand, le chinois, l’italien est une valeur ajoutée qui peut faciliter la négociation », avance le consultant de Labeille Conseil. De même, une connaissance pointue d’un domaine technique, d’un logiciel ou d’un secteur d’activité peut également influencer le niveau de rémunération.

La rédaction