Que devient votre CV une fois envoyé ?

C’est une question que l’on se pose parfois quand on est sans nouvelle d’un recruteur après l’envoi d’un CV. On se demande s’il l’a vraiment reçu. Il y a quatre scénarios possibles…

1. Perdu dans la boîte mail du recruteur

Il y a, parfois, de quoi se décourager. Selon une étude du site Tilkee, 6 candidatures sur 10 sont encore ignorées par les recruteurs en France. Pour le savoir, ce spécialiste de la relance commerciale a créé un outil - légal et même recommandé par Pôle emploi - pour suivre son CV à distance et savoir s’il a été ouvert. Résultat : seules 39 % des candidatures sont lues. Ce ne sera pas une surprise non plus pour beaucoup de candidats. « C’est compliqué de rester motivé face à l’absence de réponse », regrette Sylvain Tillon, co-fondateur de Tilkee. Faute de retour, il y a donc de grandes chances que son CV ait simplement été "oublié" dans la boîte mail du recruteur. En même temps, mieux vaut le savoir. Si un candidat pense vraiment correspondre à un poste, il pourra essayer une nouvelle tentative, voire relancer par téléphone pour que son CV recueille le minimum d’attention qu’il mérite…

 

2. Parti rapidement à la poubelle

Cependant, nombre de CV restés sans réponse ont quand même été ouverts. Et sans réponse, ce n’est souvent pas bon signe. « Je vais être un peu dure, mais je dirais que la plupart vont souvent à la poubelle », tranche Christel de Foucault, ancienne recruteuse et auteure du guide 50 erreurs à éviter pour trouver un job. Selon le dernier baromètre publié par le cabinet Deloitte en 2017, 12 % des jeunes diplômés avaient envoyé plus de 50 CV avant de décrocher un poste. Que sont devenues ces dizaines de candidatures sans réponse ? « Si un CV n’a pas plu au premier coup d’œil, c’est-à-dire en quelques secondes, ou s’il est de grande qualité mais ne correspond pas à pourvoir, il va directement à la corbeille. Certains recruteurs sollicités font croire poliment qu’ils gardent les CV non retenus sous le coude. Franchement, d’expérience, c’est rare et pas très pratique… » La décision est vite prise. « Le nombre de candidatures étudiées a été multiplié par 4, observe Sylvain Tillon. Il n’est pas anormal de retrouver une consultation moyenne inférieure à la minute… »

 

3. Dans une CVthèque

Seul salut possible : la CVthèque. « De nos jours, il ne faut pas négliger la dimension informatique du CV si l’on postule auprès d’un cabinet de recrutement ou d’une SSII », nuance Stéphane Boukris. Cofondateur du cabinet Ametix, c’est justement son métier d’entretenir un vivier de talents qu’il pourra solliciter pour de futures missions. Si le CV mal construit ou hors sujet finit là aussi à la poubelle, il est rare qu’un profil de développeur par exemple, avec des compétences régulièrement recherchées, tombe dans l’oubli. « Dans ce cas, pour espérer faire remonter son CV, il faudra juste bien penser aux mots-clés car il finira souvent classé dans une CVthèque. Mais, ensuite, ce sont souvent des algorithmes qui vont balayer la base de données, d’où l’importance des mots-clés. Or, certains termes peuvent apparemment faire remonter plus aisément une candidature dans les moteurs de recherche. » Il faudra donc bien veiller à bien préciser des termes comme "mobilité", "management" ou les noms des logiciels que l'on maîtrise. « Ces précautions augmentent la visibilité des candidats ainsi que leur référencement naturel. »

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4. Dans un dossier (virtuel ou cartonné…)

Pour le reste, il reste quand même rare qu’un recruteur, quand un nouveau poste se libère, ait gardé quelque archive de ses CV reçus. « C’est rare mais cela peut quand même arriver quand, dans les dernières phases d’un recrutement, il a fallu écarter un candidat à regret », reconnaît cependant Christel de Foucault. La durée de vie de ces CV est limitée, mais ces candidatures sont encore un peu dans le circuit… à condition que le recruteur sache les retrouver. « La encore, la règle des mots-clés reste la même. Il faut penser à glisser la mention "CV" dans le titre de son fichier et enregistrer sa candidature au format Word ou Pdf pour l’aider à remonter avec un simple mot-clé entré dans le moteur de recherche de son ordinateur. » Cependant, il ne faudrait pas non plus négliger d’autres recruteurs, plus "à l’ancienne", qui auraient imprimé le CV pour le garder dans une chemise cartonnée ou une bannette. « Là encore, pour espérer une deuxième chance, il faut absolument que le CV ne fasse pas plus d’une page et comprenne un titre lisible. » Car même en deuxième lecture, le recruteur se décidera encore en quelques secondes… »



Céline Chaudeau