Quels secteurs recrutent des seniors ?

Malgré les mesures adoptées par les pouvoirs publics, la France reste à la traîne en matière d’emploi des seniors. Pour ne pas perdre de temps, Keljob vous propose un panorama des secteurs et des métiers les plus porteurs pour les travailleurs de plus de 45 ans.

Les petites entreprises parmi les plus accueillantes


François Humbert, directeur du cabinet de recrutement Cadre Seniors Consulting est catégorique : les petites entreprises sont bien plus ouvertes aux quinquagénaires que les grands groupes. « Les patrons de PME ont besoin de compétences et de savoir-faire, donc de seniors, souligne-t-il. À l’inverse des grands groupes qui arrivent à compenser le départ d’un collaborateur en répartissant ses tâches dans le service, les PME ont besoin de personnes opérationnelles rapidement. »
Autre différence notable, selon l’auteur du livre Le retour des quinquas* : « les grosses entreprises préfèrent recruter des juniors qu'elles formeront en interne tandis que dans les PME, où il n’y a pas forcément de DRH, la formation est moins développée et les départs sont moins anticipés ».

Cap sur les métiers de la production


Que ce soit pour diriger un site de production, manager une chaîne de fabrication ou gérer une ligne produit, les 45-60 ans ont des atouts à faire valoir. « Ce sont des postes à responsabilités qui exigent de l’expérience », explique Grégory Makiela. Selon le directeur du cabinet NextGen RH, spécialisé dans le recrutement des seniors, ces métiers « nécessitent du savoir-faire et des méthodes pour organiser ou réorganiser un process de fabrication. »

La distribution et le commerce s’ouvrent aux seniors


« Les secteurs du commerce et de la distribution sont en train de changer leur mode de recrutement », constate Marc Bernardin, président du réseau Accordia, cabinet de conseil en RH spécialisé sur les questions de diversité. Des changements induits par les nouvelles contraintes législatives mais aussi par les attentes des consommateurs.
Décathlon s’est ainsi engagé à recruter 120 personnes de 50 ans et plus d’ici 2013, dont la moitié en CDI. Le groupe Casino a, quant à lui, annoncé qu’il prévoyait d’embaucher 500 collaborateurs de la même tranche d’âge sur la période 2010-2012. De son côté, l’enseigne suédoise Ikéa revendique plus de 17 % de salariés seniors. Quant aux opticiens Atol ou Grand Optical, ils ont, eux aussi, recruté des quinquagénaires pour conseiller leur clientèle grisonnante. « Ce sont des secteurs porteurs pour les seniors, confirme Marc Bernardin. Mais encore faut-il que les engagements pris par les enseignes se concrétisent. »

Le BTP repart de plus belle


Après avoir connu un ralentissement en 2010, le marché du BTP et de la construction repart en flèche en 2011. « Les projets redémarrent et les entreprises ont des échéances très serrées, observe François Humbert. Comme elles n’ont pas le temps de former les jeunes, les professionnels expérimentés sont très prisés. » Qu’ils soient conducteur de travaux, coordonnateur ou chef de chantier, ingénieur en construction métallique ou en génie civil, les seniors de plus de 45 ans ont des cartes à jouer.

L’expertise prisée dans la comptabilité


Dans les PME comme au sein des grands groupes, les fonctions comptables telles que le contrôle de gestion ou la gestion de la paye offrent de belles opportunités. « Ce sont des métiers qui requièrent de l’expertise, où l’expérience devient un atout. Celle-ci permet notamment de justifier l’écart de salaire entre un junior et un senior », souligne Marc Bernardin.

La franchise s’intéresse aux quinquas


« Les franchiseurs recherchent activement des seniors pour ouvrir de nouvelles enseignes », remarque Grégory Makiela. Selon le dirigeant de NextGen RH, leur attrait pour les quadras et les quinquas s’explique pour trois raisons. « Ils ont de l’expérience, sont prêts à changer de vie pour se mettre à leur compte et ils disposent souvent d’un petit capital pour lancer leur affaire. » D’ici fin 2011, l’agence immobilière en ligne Proprietes-privees.com veut, par exemple, recruter 200 seniors, avec le statut qui leur convient : auto-entrepreneur, portage salarial ou agent commercial.*

Conseil en entreprise : la prime à l’expérience


Les métiers du conseil et de la formation sont propices aux seniors. Qu’il s’agisse de trouver des solutions dans le cadre d’une mission en management de transition, de mettre en place une démarche de conduite du changement, d’encadrer des jeunes diplômés dans le cadre d’un projet de tutorat ou encore de monter et animer des plans de formation, « il faut avoir de la bouteille », assure François Humbert.
* Editions Maxima – Laurent du Mesnil
 
 

La rédaction