Qui sont les candidats qui mentent le plus sur leur CV ?

68 % des CV affichent au moins une fausse information, selon un spécialiste de la vérification de candidatures. Zoom sur les candidats les plus menteurs et les tromperies les plus courantes.

« Ceux qui savent se vendre, savent se survendre », ironise Yohan Zibi, fondateur d’EveryCheck, start-up parisienne spécialisée dans la vérification de références avant embauche. Selon lui, les commerciaux sont ceux qui mentent le plus. En deux ans la start-up a vérifié près de 2 000 CV, et constate qu’en plus des métiers à caractère commercial, les consultants en informatique exagèrent souvent dans leur dossier de candidature, en faisant un amalgame volontaire entre une mission donnée et l’obtention d’un CDI.
"Les mensonges sur le CV sont appréhendés différemment par les recruteurs, tout dépend de ce qu’ils recherchent chez le candidat."
Selon le poste visé, certains de ces mensonges peuvent s’avérer sérieux. Les candidats en usent d’ailleurs trop souvent : 22 % des CV étudiés par la start-up présentent un mensonge grave. Quand on parle de mensonges graves, on pense par exemple aux profils médicaux. « Si un docteur ment sur l’obtention de son diplôme, les conséquences peuvent s’avérer catastrophiques et il peut être poursuivi au pénal », explique le fondateur. La tromperie sur le diplôme est d’ailleurs la plus fréquente selon le fondateur. 
 
 

Dissimuler un licenciement, le troisième mensonge le plus utilisé


Mais bien sûr tous les mensonges n’ont pas les mêmes conséquences. Par exemple, si le candidat change la mention de son diplôme, et que le recruteur s’en rend compte, il peut considérer cette faute comme une maladresse et conserver le candidat dans le processus de recrutement. En revanche, ça ne se passe pas aussi bien s’il transforme son licenciement en démission.
Yohan Zibi se remémore la cas d’un candidat qui avait postulé chez un concurrent de son ancien employeur en mentionnant qu’il avait démissionné, alors qu’il avait été licencié. Quand l’entreprise l’a appris, il a été recalé. Un exemple assez courant puisque le mensonge sur un licenciement est le 3e plus fréquent selon EveryCheck.
 

Être embauché malgré un mensonge grave


En revanche, on doit l’avouer, un mensonge grave peut aussi ne pas être un obstacle à une embauche. Mais c’est assez rare et il faut savoir bien réagir. Cela a été le cas pour cette candidate qui avait rallongé de 6 mois deux expériences professionnelles afin de dissimuler une grossesse. Une imposture considérée comme grave étant donné la durée en cause. Quand l’entreprise s’en est rendu compte, elle a demandé des explications à la postulante. Elle a finalement été embauchée, car son expérience dans les deux entreprises précédentes l’a emportée sur le mensonge.
« Les contrevérités sur le CV sont appréhendées différemment par les recruteurs, tout dépend de ce qu’ils recherchent chez le candidat », explique finalement Yohan Zibi. Ceux qui embauchent des commerciaux sont exigeants sur l’expérience, et moins sur le diplôme. À l’inverse les secteurs du luxe et de l’ingénierie privilégient le diplôme. Mais cela ne change rien au fait qu’un mensonge sur le CV nuit à la crédibilité du candidat et rompt la confiance avec le recruteur, si celui-ci s’en rend compte. 

La rédaction