Reconversion : les 4 mauvaises raisons de se lancer

Se reconvertir, les Français sont de plus en plus nombreux à y penser. C’est votre cas ? Réfléchissez-y bien car le chemin est souvent long et semé d’embûches. Pour vous aider à prendre la bonne décision, nos experts détaillent les 4 mauvaises raisons de se lancer dans une reconversion.

1 Fuir une situation difficile


Une sensation de mal-être dans son travail, un licenciement brutal ou encore un cas de harcèlement, peuvent donner envie de changer de métier. Mais ce n’est pas toujours la bonne solution. « Il y a de plus en plus de reconversions suite à un burnout. Parfois les gens aiment leur métier mais l’ont exercé dans des conditions insupportables et rejettent tout en bloc », explique Sylvaine Pascual, coach spécialiste des relations humaines et de la reconversion professionnelle. Il faut faire la distinction entre son métier et son poste. « On peut vouloir se reconvertir en se disant que le métier que l’on exerce n’est pas pour soi, alors que c’est seulement le poste qu’on occupe qui ne nous convient pas », confirme Maud Simon, psychologue du travail et auteure du livre Fais ce qu'il te plaît. Il suffit parfois de changer de poste ou encore sa façon de travailler pour se sentir mieux et se rendre compte que ce n’était pas le métier en lui-même le problème.
"Il suffit parfois de changer de poste ou encore sa façon de travailler pour se sentir mieux et se rendre compte que ce n’était pas le métier en lui-même le problème." 
 

2 Faire plaisir à ses proches


« Tu es doué pour la cuisine, tu devrais te réorienter dans la restauration ». Ce type de remarque peut influencer une décision de reconversion. Notre entourage a une image de nous qui correspond à leur propre filtre et qui peut pousser vers des choix qui ne sont pas pertinents. « Il faut se projeter soi-même dans sa vie et se demander si c’est vraiment ce que l’on veut et si ce n’est pas pour faire plaisir aux autres », explique Caroline Carlicchi, coach de vie personnelle et professionnelle. Pour que la reconversion fonctionne, il faut une réelle envie de changement et savoir ce qui est important dans sa vie professionnelle. « Seules les raisons personnelles, profondes, authentiques pourront déboucher sur une reconversion durable, solide, satisfaisante et épanouissante », prévient Maud Simon.  Et d’ajouter : « La reconversion est un processus long et parfois difficile. Sans des motivations vraiment personnelles, identitaires, profondes, le projet a toutes les chances d’échouer ». Avant toute décision, il faut donc bien se connaître soi-même et avoir confiance en ses facultés de rebond.
 

3 Trouver un poste à tout prix


Après un licenciement ou une démission, les difficultés à retrouver du travail peuvent inciter à se reconvertir dans un secteur porteur, même sans une réelle motivation. « C’est ce que j’appelle la reconversion raisonnée/raisonnable. C’est une mauvaise idée car l’absence de motivation sera perçue par les recruteurs et n’aidera pas à retrouver du travail plus facilement », explique Sylvaine Pascual. « Il est indispensable de prendre le temps de se poser des questions essentielles : qu’est-ce que je veux vraiment faire de ma vie ? Quels sont mes talents ? Quelles sont mes passions ? Qu’est ce qui m’apporte de l’énergie ? Quel est le métier qui pourrait donner davantage de sens à ma vie ? », soulève Maud Simon. « La reconversion doit questionner une notion identitaire : qui suis-je, qu’est ce qui fait de moi une personne unique, quel est le métier dans lequel je pourrais déployer ce que je suis, mes talents, mes prédispositions naturelles », poursuit-elle.
 

4 « Je veux être mon propre patron »


Parfois, la mauvaise ambiance au travail peut donner envie de devenir son propre patron. Et de nombreuses personnes idéalisent le fait d’être indépendant ou encore d’exercer un métier artisanal en pensant que cela leur apportera une vie meilleure. « Tant que l’on n’a pas la capacité de régler un minimum de difficultés dans un travail, on a de fortes chances d’avoir le même problème face à ses propres clients », prévient Sylvaine Pascual. Par ailleurs, pour être sûr que le métier dans lequel on souhaite se reconvertir correspond vraiment à ce que l’on s’imagine, il faut se confronter à la réalité sur le terrain. « C’est obligatoire d’aller passer du temps avec quelqu’un qui fait le métier qu’on envisage d’exercer. J’ai une cliente qui voulait se reconvertir dans la pâtisserie mais elle s’est rendue compte en passant quelques jours chez un pâtissier que ce métier n’était pas fait pour elle car c’était plus physique que ce qu’elle pensait », conclut Sylvaine Pascual. 

La rédaction