Recrutement par simulation : comment ça se passe ?

De nombreux employeurs font le choix de ne plus se baser sur le CV pour embaucher mais se servent du recrutement par simulation. Keljob vous explique ce à quoi vous attendre.

Utilisée par Pôle emploi depuis 1995, « la Méthode de Recrutement par Simulation (MRS) consiste à repérer chez les candidats l’ensemble des capacités indispensables pour effectuer un travail, grâce à des exercices portant sur des situations de travail concrètes. Elle ne tient compte ni du diplôme, ni de l’expérience, ni du CV », définit Nadya Leduc, directrice de l’agence Pôle emploi spécialisée sur la MRS à Aulnay-sous-Bois.
 

Une chance pour tous les profils


La MRS est particulièrement utilisée par les entreprises confrontées à une pénurie de profils ou lors de vagues de recrutements plus conséquentes. Pour Catherine Gohau, DRH de la Mie Câline qui l’utilise depuis 2007, « la MRS donne la possibilité d’élargir nos recrutements à des profils très diversifiés. Nous pouvons recruter un ancien maçon ou un géologue comme vendeur ou préparateur à condition qu’il ait réussi les exercices, car cela signifie qu’il a les prérequis pour occuper le poste. » Burger King France la mobilise lors de ses ouvertures de magasin pour dénicher des équipiers : « elle a fait ses preuves et permet aux candidats d’être jugés et recrutés sur leurs capacités et non sur leur CV. C’est une manière démocratique de détecter les talents. »
" Il n’y a pas de préparation possible car ils sont évalués sur leur habilité à travailler sous pression, à manipuler des produits chauds, à travailler dans un espace réduit. Donc soit ils l’ont, soit ils ne l’ont pas."

Un processus en trois temps


La première étape de ce processus est constituée par une réunion collective organisée par Pôle emploi. « Les candidats sont convoqués à une séance d’information pendant laquelle nous présentons notre enseigne, l’emploi en question, nos métiers et leurs difficultés », illustre Catherine Gohau. Les tests ont généralement lieu après cette présentation et sont organisés le jour-même. « La séance d’évaluation, conduite par une équipe spécialisée, dure en moyenne une demi-journée. Les exercices proposés reproduisent des situations professionnelles significatives », indique Nadya Leduc. Les candidats sont testés sur des habilités, comme le respect des normes et des consignes, le travail sous tension, l’adaptation au changement, le travail en équipe, l’organisation, leur relation au service des clients »...
 

Des exercices calés sur la réalité


Les évaluations sont construites à partir de tests existants chez Pôle emploi ou en accord avec l’entreprise.  « Nos candidats sont soumis à des exercices écrits et des jeux de rôle sur leur aptitude à interagir avec les clients, à travailler en équipe et à tenir un poste d’équipier », explique la direction de Burger King France. Du côté de la Mie Câline, par exemple, « Ils doivent résoudre des tests sur table et associer ainsi des figures géométriques à un modèle tout en relevant des températures à chaque sonnerie. Nous testons ainsi leur capacité à faire plusieurs choses en même temps puisque dans nos magasins, ils doivent à la fois vendre nos produits et surveiller les cuissons », précise la DRH de l’enseigne. Les candidats sont informés de leurs résultats le jour-même ou dans les jours qui suivent. Avec une exigence : « tous ceux qui ont réussi la séance d’exercices sont reçus en entretien de motivation par l’entreprise qui n’a pas eu accès à leur CV au préalable », assure Nadya Leduc.
 

Pas de préparation possible


Mauvaise nouvelle pour ceux qui souhaiteraient s’entraîner à réussir ces tests : « il n’y a pas de préparation possible car ils sont évalués sur leur habilité à travailler sous pression, à manipuler des produits chauds, à travailler dans un espace réduit. Donc soit ils l’ont, soit ils ne l’ont pas », reconnaît Catherine Gohau. En revanche, Pôle emploi ne laissent pas tomber les candidats en cours de route, comme l’explique Naya Leduc. « Pour ceux qui ont réussi, nous organisons une préparation aux entretiens par le biais d’ateliers. Ceux qui ont échoué peuvent bénéficier de la prestation Rebond qui consiste à faire le point avec un psychologue du travail pour ne pas rester en situation d’échec et ouvrir de nouvelles pistes sur leur recherche d’emploi. »

La rédaction