Rédiger un bon CV malgré des expériences courtes

Voilà des expériences professionnelles qui, mal présentées sur un CV, peuvent vite semer le doute chez un recruteur. Mais un candidat peut éviter certaines erreurs.

1 Être clair sur les dates


Tous, consultants et recruteurs confondus, sont formels : inutile de gonfler artificiellement certaines dates. Sans mentir, quel candidat n’a jamais été tenté d’inscrire "Été 2015"pour un petit CDD d’un mois, voire juste de mentionner l’année dans l’espoir de masquer quelques trous ? « C’est l’une des erreurs les plus courantes relevées par les recruteurs, souligne Didier Perraudin, directeur du cabinet Uptoo, spécialisé dans le métiers de la vente. Personne n’est dupe et c’est précisément l’inverse qui vous fera remarquer. » Ce recruteur appelle donc ses clients à de la précision. « La base est d’être clair dans les dates. Et, ensuite, de pouvoir fournir quelques explications. »

"Un seul impératif : rassurer le recruteur. Le côté éphémère de certaines missions n’a rien de rédhibitoire à condition que l’on puisse l’expliquer."

2 L’écrire sur son CV quand c’était prévu


« Souvent, on peut dire les choses simplement », commente Benjamin Stanislas, fondateur du cabinet Clémentine. Il y a beaucoup de raisons très avouables pour un contrat court. Il est courant, pour un jeune diplômé, de multiplier les expériences courtes. Il s’agit juste, dans ce cas, de préciser qu’il s’agit d'un CDD lié à un remplacement ou une augmentation de charge de travail saisonnière. » Mais un profil plus confirmé n’aura pas à rougir non plus d’une expérience similaire. « Il n’est plus rare de voir des salariés qui, entre deux CDI, s’offrent une parenthèse avant de rechercher un nouveau plus poste pérenne, observe Karine Doukhan, directrice chez Robert Half. Sur ce sujet, les mentalités ont changé. Une mission courte ne fait plus tâche sur un CV : au contraire, les recruteurs les lisent aujourd’hui comme des missions potentiellement valorisantes. » Seul conseil : présenter si possible le CDD comme une mission et préciser l’objectif fixé et quelques résultats.

 

3 Préciser aussi quand ce n’était pas prévu…


« Quand une mission courte n’est pas expliquée, un recruteur peut imaginer que le candidat n'a pas tenu dans ce job et écarter son CV pour de mauvaises raisons », poursuit Benjamin Stanislas. Mais ce recruteur rappelle aussi que certains contrats peuvent être écourtés pour des raisons extérieures là aussi recevables. « Il y a le cas classique d’un rachat, d’une externalisation ou d’un changement de stratégie de l’entreprise. » Dans ce cas, rien n’empêche le candidat de résumer le contexte en une ligne. « Mais il y a aussi des cas de figure où le candidat lui-même quitte un emploi après quelques mois, pour la bonne et simple raison qu’il a trouvé mieux. » Si le candidat devra sans doute revenir sur ce départ en entretien d’embauche, il doit cependant montrer clairement dans son CV qu’il s’agit d’une "promotion". « Il faut que le recruteur comprenne en lisant le CV qu’il s’agissait d’un poste qui ne se refusait pas ! »

 

4 Ce qu’on ne peut pas écrire… mais dire


Un seul impératif : rassurer le recruteur. « Le côté éphémère de certaines missions n’a rien de rédhibitoire à condition que l’on puisse l’expliquer », ajoute Didier Perraudin. Ce recruteur sait par exemple d’expérience que les jeunes diplômés avec moins de cinq ans d’expérience multiplient les expériences courtes. « Dans certains secteurs en tension comme la vente, les jeunes diplômés partent parfois vite. Mais c’est aussi une façon de prendre ses marques, de savoir ce que l’on veut ou ce que l’on ne veut pas. Il y a ainsi des études, aux États-Unis, qui montrent que des expériences courtes ne laissent en rien présager d’une éventuelle instabilité future d’un candidat. » « Il peut aussi s’agir d’une erreur de casting, qui peut arriver de part et d’autre, ajoute Benjamin Stanislas. L’idéal, dans ce cas, est de pouvoir laisser entendre que l’on s’est quitté en bons termes, voire proposer une recommandation. » Mais toutes les séparations ne se passent pas en douceur. « Dans ce cas, il faut éviter l’aigreur et penser à une formule pour pouvoir expliquer ce que l’on a retenu de cette expérience… »

 

5 Assumer ses jobs alimentaires


Reste enfin le cas de l’expérience courte isolée, et sans forcément un grand intérêt ni rapport avec son domaine d’expertise. « En gros, il s’agit du job alimentaire », commente Joelle Walraevens-de Luzy. Cette consultante en développement de carrière observe que beaucoup de candidats préfèrent taire ce type d’expérience. « Or, on peut quand même valoriser ce type d’expérience. Ce n’est pas facile, mais il n’y a rien de honteux à dire que l’on a préféré travailler deux mois pendant une période de chômage plutôt que de rester inactif. En plus, il y aura souvent toujours quelque chose à en tirer. Peu osent le dire alors que c’est une confidence qui peut faire marquer des points. »

 

La rédaction