Se reconvertir… quand on vient de démarrer sa vie professionnelle

L’impression que l’on s’est trompé de voie peut arriver dès le début d’une carrière. Mais alors comment chercher ailleurs et, surtout, convaincre de futurs employeurs. Une jeune coach témoigne et rassure dans un guide décomplexant.

"Suis-je vraiment à ma place dans ce que je fais ?": voilà une question qui fâche quand on vient de se lancer dans la vie active. Marion de La Forest Divonne sait de quoi elle parle. À 31 ans, elle a déjà changé deux fois de voie. « La première fois, je me suis posé les bonnes questions mais je suis allée trop vite, se souvient-elle. La deuxième fois a été la bonne. » Finalement devenue coach - après des études sans rapport - elle s’est aperçue que son parcours résonnait énormément auprès de beaucoup de jeunes. Pour les accompagner, elle publie aujourd’hui un guide utile, opportunément nommé Réinventer sa vie professionnelle...  quand on vient de la commencer (ed. Eyrolles).

"Le plus difficile, dans ces cas-là, est d’accueillir le questionnement, c’est-à-dire d’admettre que l’on a peut-être emprunté une mauvaise voie et, surtout, que l’on n’est pas vraiment à sa place."

Savoir écouter son intuition


Pour elle, la question s’est posée quelques mois avoir débuté sa vie active. « J’avais fait des études de commerce et, comme beaucoup de jeunes diplômés aujourd’hui, j’ai décroché un premier job pas complètement en relation avec ma formation initiale. » Après des études de marketing, Marion de La Forest Divonne se retrouve responsable commerciale pour une marque de prêt-à-porter. Elle a un job et qui plus est, sur le papier, un poste que beaucoup pourraient lui envier. Que demander de plus ? « Le plus difficile, dans ces cas-là, est d’accueillir le questionnement, c’est-à-dire d’admettre que l’on a peut-être emprunté une mauvaise voie et, surtout, que l’on n’est pas vraiment à sa place. » Il y a vingt ans, nos aînés ne se posaient pas tant de questions. « Quand on avait un poste, on le gardait et on envisageait éventuellement une reconversion au bout de dix ans de vie professionnelle », sourit-elle. Mais la génération Y, née entre 1980 et l'an 2000, accepte moins de compromis. « La question du bien-être au travail a fait son chemin, analyse la coach. En plus, on arrive dans la vie active en sachant que l’emploi est fragile. Personne ne garde plus le même poste à vie et on a droit à plusieurs existences professionnelles. » La première étape sera donc, quel que soit son âge, d’écouter son intuition. « On a tous une petite voix intérieure qui nous guide. »

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Préparer la (bonne) reconversion


Mais encore faut-il savoir ce dont on a envie. Marion de La Forest Divonne a commis l’erreur classique de se précipiter dans une nouvelle aventure sans avoir réellement analysé son désir. « J'ai d'abord créé une marque de maroquinerie avec une amie, pensant que cela comblerait mes envies d’indépendance. » Fausse piste. « J’hésitais encore à rompre totalement avec ma formation initiale et je me suis retrouvée à m’occuper de la partie commerciale. Or, je me suis vite aperçue que c’était la partie artistique et créative qui m’intéressait. Au bout de huit mois, j'ai arrêté. »  Elle se soumet alors à un test d’orientation, le Strong, qu’elle propose aujourd'hui à ses clients. « C’est un test intéressant qui analyse ses envies et permet d’explorer des pistes professionnelles pas encore envisagées. »

Dans son cas, Marion de La Forest Divonne comprend que son désir profond est plutôt d'accompagner les autres. Mais le plus dur commence. « Quand on veut changer de voie, il faut accepter de faire quelques pas en arrière. C’est-à-dire qu’il faudra peut-être reprendre des études sans quitter encore son emploi précédent ou financer une formation. » Être bien entouré est alors indispensable. « Il faut que ses proches comprennent que l’on nourrit un nouveau projet professionnel qui va changer sa vie. Dans ces moments, il peut être intéressant de côtoyer d’autres profils dans une situation similaire car on peut vite se sentir très seul. »

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Rassurer les futurs employeurs sur sa stabilité


Une fois cette étape franchie se posera alors, pour beaucoup, la question du CV. « Beaucoup de recruteurs aiment les parcours linéaires, reconnaît Marion de La Forest Divonne. Et l’angoisse légitime, pour le candidat, sera de paraître instable. » Or, il s’agit justement de retourner la situation en sa faveur, selon la coach. « Que ce soit dans un CV, une lettre de motivation ou en entretien, il ne faut pas hésiter à dérouler une histoire. Il faut avancer l’idée, rassurante justement, que l’on n’est pas arrivé là par hasard. Il faut expliquer simplement que l’on s’est posé les bonnes questions et que l’on est enfin là où l’on doit être. » Avec un parcours atypique, un candidat pourra même marquer des points. « Réinventer sa vie professionnelle, y compris quand on vient de la commencer, c’est montrer que l’on sait se remettre en cause et accepter de nouveaux défis. Cela peut étonner, toucher, voire épater son interlocuteur. » Car, en effet, qui ne s’est jamais posé les mêmes questions… sans forcément oser franchir le pas ?

 

La rédaction