Transport-Logistique : des perspectives de recrutement positives en 2016 avec de nouveaux besoins

L’année 2016 s’annonce favorable pour les activités transport et logistique en France. Et comme le secteur se transforme, les opportunités changent, ainsi que les besoins des recruteurs.

Les professionnels du transport et de la logistique sont plutôt confiants sur les prévisions d’activité du secteur en 2016. À l’instar de l’AFT, association professionnelle du transport et de la logistique, qui vient de publier sa 22e enquête annuelle sur les besoins en emplois et formations dans la logistique. On y apprend que trois fois plus de prestataires transport-logistique s’attendent à une hausse de la demande en prestations logistiques en 2016 plutôt qu’à une baisse. Et plus de deux établissements sur cinq de l’industrie ou du commerce anticipent une croissance de leur activité logistique en 2016.
« Toutefois, on peut faire une vraie différence entre l’activité transport et la logistique, souligne Didier Aivazoff, directeur associé chez Smartlog, société de conseil, formation et recrutement dans le secteur. C’est dans la logistique que le dynamisme est le plus grand. » Une disparité que constate également Romain Devrièse, directeur du cabinet de recrutement Fed Supply : « La demande de recrutements est clairement plus volumique en logistique. Alors que le transport est presqu’un marché caché. »
 

La logistique, nouvel avantage concurrentiel


La logistique plus dynamique car elle devient un enjeu majeur pour les entreprises. « Aujourd’hui,  certains acteurs ont des négociations plus serrées sur les livraisons que sur les prix des produits », confie le dirigeant de Fed Supply. Car, comme l’illustre Didier Aivazoff : « si un produit n’est pas disponible dans des délais raisonnables, le client va le chercher ailleurs. »  La logistique est en train de franchir un palier et ces changements ont de nombreux impacts sur le marché de l’emploi de la filière. Par exemple, le spectre des employeurs possibles s’élargit. Didier Aivazoff remarque qu'aujourd'hui de petites PME n’hésitent pas à embaucher des managers comme des responsables logistique ou responsables Supply Chain. Des profils qui, auparavant, n’existaient que dans les grandes entreprises. « Les grands acteurs sont souvent bien pourvus en main d’œuvre, c’est donc chez ces plus petits établissements qu’il y a des places à prendre », analyse-t-il.
Il y a également de nouvelles pratiques qui dynamisent la logistique, c’est le cas de toutes les politiques de retour des vendeurs.  « La reverse logistique [ou logistique inverse, ndlr] est une nouvelle activité qui nécessite des outils performants et des équipes formées pour que les produits ne se perdent pas », explique Romain Devrièse de Fed Supply. Pour FM Logistic, société spécialiste de l’entreposage, du transport et du conditionnement qui prévoit 400 recrutements en 2016 du cariste au directeur de site, l’enjeu c’est la logistique urbaine. « On doit réfléchir à comment acheminer les produits jusqu’au consommateur au cœur des villes avec des contraintes, notamment de développement durable », commente Claire Guillemain D’Echon, responsable acquisition de talents chez FM Logistic. Ces nouveaux développements entraînent des besoins un peu différents chez les recruteurs : « dans le transport, on recherche des profils très réactifs ; dans la logistique, des profils plus analytiques... pour la logistique urbaine, il faut les deux », commente Claire Guillemain D’Echon.
 

Des métiers de plus en plus techniques


La montée en compétences et la professionnalisation des métiers du transport et de la logistique est une évidence de l’avis de tous les experts interrogés. Pour Romain Devrièse, « il y a maintenant une vraie filière avec de vrais diplômes. Les chefs d’équipe ne sont plus des profils maison qui ont évolué, mais des professionnels bien formés. » Ce qui ne l’empêche pas de remarquer que les employeurs peuvent encore recruter sur le savoir-être. « Réactivité, bonne communication et pragmatisme sont des qualités particulièrement appréciées », poursuit-il. « Cette prime au savoir-être est surtout avérée pour les jeunes diplômés et les opérateurs chez qui on recherche bonne volonté et esprit d’équipe » ajoute Claire Guillemain D’Echon de FM Logistic.
 

Les métiers porteurs


Quels sont les métiers les plus recherchés aujourd’hui ? Romain Devrièse et ses 25 consultants en recrutement Fed Supply reçoivent beaucoup de demandes pour des gestionnaires de transport, mais aussi des approvisionneurs, des gestionnaires de stock, des prévisionnistes ou des planificateurs. Pas toujours, ce dont rêvent les nouveaux venus sur le marché de l’emploi. « Tous les jeunes diplômés veulent devenir chef de projet supply, observe Romain Devrièse. Mais il y a très peu de poste pour ce métier qui consiste à mettre en place des nouveaux flux ou des schémas de planification. Ils doivent débuter par des missions sur le terrain où ils pourront être détachés sur des projets de planification. » De son côté l’AFT fait état de perspectives d’emploi positives dans les établissements de 50 à 99 salariés, comme ceux de plus 100 salariés, pour les opérateurs logistiques mais aussi les techniciens et agents de maîtrise. L’avenir, Didier Aivazoff, directeur technique du cabinet de recrutement Supply Job, le voit dans le Big Data : « Le reporting et le pilotage est le prochain pallier que le secteur de la logistique devra franchir. »
 
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La rédaction