Travailler dans le numérique… même sans le bon diplôme

Avec plus de 33 000 recrutements prévus en France en 2018, le secteur du numérique peine à combler ses besoins. Une bonne nouvelle pour des profils atypiques, parfois sans diplôme, mais pas sans motivation !

Ils liront votre CV ou ils ne vous le demanderont peut-être même pas ! « Si un candidat sent qui a la maîtrise des outils nécessaire, il sera facilement reçu en entretien, même sans le bon diplôme, témoigne Marlène Escure, directrice recrutement France chez Gfi Informatique. La preuve : cette entreprise organise régulièrement des soirées recrutement… sans CV. « Nous avons plus de 300 postes affichés en moyenne et rarement assez de candidats. Nous avons tenté cette approche disruptive et ça marche. Concrètement, nous avons ainsi rencontré beaucoup d’excellents profils et de passionnés qui s’étaient en grande partie formés seuls. » Difficile de tricher sur ses compétences :  les candidats sont rapidement en situation et l’employeur est vite fixé sur leurs compétences techniques. « Il ne faut pas forcément sortir d’une grande école pour prétendre à une carrière dans ce secteur… »

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Des recruteurs ouverts à de nouveaux profils


Les employeurs ont en effet appris à s’adapter. « Le numérique est un secteur où l’on manque toujours cruellement de développeurs par exemple, témoigne Stéphane Boukris, directeur associé du cabinet Ametix. Il y a plein de groupes avec des projets de transformation digitale et pas suffisamment de techniciens pour construire ces réseaux. » Les développeurs sur le marché ne sont pas assez nombreux, et, parmi eux, tous ne maîtrisent pas les dernières technologies. Raison de plus, selon cet expert, pour être ouvert à de nouveaux profils. « Il faut être pragmatique. On ne sait pas construire ces réseaux juste parce qu'on est allé à l’école. Ces postes de techniciens peuvent être occupés par des "geeks" autodidactes ou par des profils qui auraient poursuivi leur formation seuls. »

"Seul pré-requis : avoir la motivation et l’intérêt nécessaires pour ces sujets. À charge ensuite pour le candidat de fournir le travail personnel à côté et de prolonger son apprentissage en entreprise."

 

Voilà une bonne nouvelle pour des profils atypiques : peut-être sans diplôme, mais pas sans intérêt ni motivation ! Car au final, ce secteur en croissance s’ouvre ainsi à certains autodidactes. « Dans notre secteur où tout change très vite, la formation initiale devient un critère parmi d’autres », abonde Bertrand Jermann, le directeur général chez BeMove. Pour soutenir le développement de ses activités, et faute là aussi d’un nombre de candidats suffisant, cette société rennaise garde l’esprit ouvert. « Nous regardons avant tout les compétences du candidat, sa maîtrise des outils et ce qu’il peut nous apporter. Par la même occasion, c’est une bonne façon de diversifier nos profils. »

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Suivre une formation complémentaire


Sans un nombre suffisant de profils en France, le cabinet Ametix recrute régulièrement à l’étranger. « Il y a pourtant beaucoup d’excellents cursus en France dans des écoles comme Epitech et de bons BTS », résume Stéphane Boukris. Mais ce recteur signale aussi des formations plus courtes et complémentaires. « Il y a plein d’initiatives intéressantes comme Simplon ou l’École 42 destinées justement à ces profils atypiques. » En témoigne également le programme ParisCode : lancé par la ville de Paris en 2016, ce projet propose justement de répondre à ces problématiques de recrutement et de formation dans les métiers du numérique, et plus particulièrement les métiers techniques en lien avec le code.

« Il s'agit de proposer ces programmes à des publics diversifiés », explique Emmanuel Pheulpin, responsable du projet. Outre les femmes, sous-représentées dans ces métiers, il vise pour beaucoup de profils atypiques et parfois en difficulté sur le marché de l’emploi, comme des décrocheurs scolaires, sortis du système et souvent sans diplôme. Seul pré-requis : avoir la motivation et l’intérêt nécessaires pour ces sujets. « Un candidat peut ainsi être pris sans diplôme et suivre une formation dans une école comme Simplon ou Webforce3, » à charge ensuite pour le candidat de fournir le travail personnel à côté et de prolonger son apprentissage en entreprise. « Dans tous les cas, en effet, l’idée est de rapprocher les écoles des entreprises et de proposer vraiment une formation préalable à l’embauche. » Une bonne amorce pour ces candidats atypiques qui pourront alors trouver un emploiet continuer d’apprendre avec un contrat de professionnalisation en entreprise…

Céline Chaudeau