Très cher emploi

Pour près des deux tiers des votants du dernier sondage Keljob.com (62%), il n’y a pas de doutes. Qui dit crise, dit licenciements. Or, personne ne veut être dans la charrette. Un contexte idéal pour ressortir la parole de Thomas Hobbes : « l’homme est un loup pour l’homme ». Vous pensez devoir bientôt accumuler les tableaux Excel, les rapports pseudo fumistes pour prouver votre bonne foi à votre patron ? Nous avons interrogé Claude Boiocchi, consultant et formateur sur ce qui attend les salariés en entreprise.« On ne peut pas considérer tous les salariés de la même façon » prévient d’emblée Claude Boiocchi. Mais la peur du licenciement est symptomatique de la médiatisation du concept de « crise ». « Les votants ont le reflexe généraliste. Chacun répond comme son voisin.» Pour le consultant qui reçoit chaque jour des cadres interrogatifs sur leur carrière, des cadres en perdition ou proche du Burn-out, « l’annonce de la crise va surtout délier un peu plus les langues ». « La montée de la tension n’est pas un phénomène récent mais date d’au moins une dizaine d’années ».Nous aurions tort d’imaginer que l’unique réaction à la crainte du chômage serait l’hyper individualisme. « Au contraire poursuit Claude Biocchi, les cadres d’aujourd’hui sont lucides car mieux informés. » A une primo réaction qui serait d’essayer de défendre sa place seul, les salariés vont développer une dynamique de groupe car ils sont désormais conscient qu’isolés, ils ne peuvent rien faire. » Une attitude étonnante mais qui se justifie par des rapports nouveaux employeur/employés. « On en travaille plus vraiment « en entreprise » mais « pour une entreprise » ajoute le formateur. Le télétravail, la précarisation, le principe des missions sont autant de situations qui mettent le salarié dans l’obligation de gérer en solo sa carrière. Revers bénéfique, les salariés sont plus mûrs désormais et communiquent entre eux. « Les salariés partagent l’information sans attendre. Il y a encore peu de temps, ce n’était pas le cas. C’est l’entreprise qui faisait le relais ».Si les salariés se remettent en question vis-à-vis du concept même d’entreprise, celle-ci va devoir revoir son rapport avec ses salariés. Or, l’idéologie classique de la performance est une donne qui paraît de plus en plus obsolète. « La recherche du tableau d’honneur, de l’optimisation ultime est contre performante. Ce management renforce le stress plutôt qu’il ne le canalise » La crise peut amener des comportements aberrants. « Certains salariés vont chercher à occuper les terrain, c’est-à-dire faire acte de présence pour témoigner de leur bonne foi. C’est dangereux, la fatigue accumulée ne va faire qu’augmenter le taux d’erreurs. C’est la porte ouverte à créer des tensions pour n’importe quelle « bêtise » : un tableau incomplet, un email perdu… ». A voir désormais si la réalité rejoint la fiction.

Pour près des deux tiers des votants du dernier sondage Keljob.com (62%), il n’y a pas de doutes. Qui dit crise, dit licenciements. Or, personne ne veut être dans la charrette. Un contexte idéal pour ressortir la parole de Thomas Hobbes : « l’homme est un loup pour l’homme ». Vous pensez devoir bientôt accumuler les tableaux Excel, les rapports pseudo fumistes pour prouver votre bonne foi à votre patron ? Nous avons interrogé Claude Boiocchi, consultant et formateur sur ce qui attend les salariés en entreprise.« On ne peut pas considérer tous les salariés de la même façon » prévient d’emblée Claude Boiocchi. Mais la peur du licenciement est symptomatique de la médiatisation du concept de « crise ». « Les votants ont le reflexe généraliste. Chacun répond comme son voisin.» Pour le consultant qui reçoit chaque jour des cadres interrogatifs sur leur carrière, des cadres en perdition ou proche du Burn-out, « l’annonce de la crise va surtout délier un peu plus les langues ». « La montée de la tension n’est pas un phénomène récent mais date d’au moins une dizaine d’années ».Nous aurions tort d’imaginer que l’unique réaction à la crainte du chômage serait l’hyper individualisme. « Au contraire poursuit Claude Biocchi, les cadres d’aujourd’hui sont lucides car mieux informés. » A une primo réaction qui serait d’essayer de défendre sa place seul, les salariés vont développer une dynamique de groupe car ils sont désormais conscient qu’isolés, ils ne peuvent rien faire. » Une attitude étonnante mais qui se justifie par des rapports nouveaux employeur/employés. « On en travaille plus vraiment « en entreprise » mais « pour une entreprise » ajoute le formateur. Le télétravail, la précarisation, le principe des missions sont autant de situations qui mettent le salarié dans l’obligation de gérer en solo sa carrière. Revers bénéfique, les salariés sont plus mûrs désormais et communiquent entre eux. « Les salariés partagent l’information sans attendre. Il y a encore peu de temps, ce n’était pas le cas. C’est l’entreprise qui faisait le relais ».Si les salariés se remettent en question vis-à-vis du concept même d’entreprise, celle-ci va devoir revoir son rapport avec ses salariés. Or, l’idéologie classique de la performance est une donne qui paraît de plus en plus obsolète. « La recherche du tableau d’honneur, de l’optimisation ultime est contre performante. Ce management renforce le stress plutôt qu’il ne le canalise » La crise peut amener des comportements aberrants. « Certains salariés vont chercher à occuper les terrain, c’est-à-dire faire acte de présence pour témoigner de leur bonne foi. C’est dangereux, la fatigue accumulée ne va faire qu’augmenter le taux d’erreurs. C’est la porte ouverte à créer des tensions pour n’importe quelle « bêtise » : un tableau incomplet, un email perdu… ». A voir désormais si la réalité rejoint la fiction.

La rédaction