Un emploi qui a du sens ? Ce n'est pas ce que vous croyez

"Quel est le sens de mon travail ?". Cette question, et c’est bien légitime, inquiète de nombreux travailleurs. Mais la quête de sens n’est pas forcément ce que vous croyez. Des experts nous aident à explorer le sujet et à mieux comprendre ce que chacun cherche.

Faut-il travailler dans une ONG, être architecte ou chirurgien pour donner du sens à sa vie professionnelle ? Selon la sociologue Catherine Paradeise : « un emploi revêt du sens quand l'activité motive la personne par rapport à ses valeurs, sa personnalité. Ce sens peut ainsi être très variable d'un métier ou d'une personne à l'autre. » Il peut par exemple s'agir d'apporter des solutions à un problème, de rendre un service bien particulier... « Le sens peut donc aussi bien provenir du contenu du travail, de ses résultats que d'un environnement social dans lequel on évolue », ajoute cette dernière.
"Contrairement à ce qu'on lit souvent, il ne s'agit pas d'un truc de jeune. Que l'on ait 25 ou 45 ans, le sens est un besoin universel et fondamental qui nourrit un sentiment de plaisir."

 À chacun d'identifier ce qui lui correspond


Si chaque métier peut faire sens, à chacun de reconnaître comment. Un comptable l'identifiera certainement par la simplification de la vie des autres en organisant leur gestion par exemple. « Une personne que j'ai rencontrée et dont le métier consistait à fabriquer des valises sur mesure me racontait avec passion tout l'amour qu'elle avait à contribuer à la qualité du voyage des autres, témoigne Sylvaine Pascual, consultante en plaisir au travail et fondatrice d'Ithaque Coaching. Le sens n'est pas quelque chose qui se juge ou s'évalue. Il existe ou pas. C'est donc un job qui vous donne le sentiment d'être utile, de contribuer à quelque chose d'important à vos yeux. »
 

Se poser les bonnes questions


Comment arriver concrètement à découvrir ce qui fait vraiment sens pour soi ? Pour Blandine Mansion, fondatrice de BM Coaching et spécialiste en accompagnement et transition de carrière : « Il faut avant tout chercher un moteur, c'est-à-dire un puits sans fond de motivation pour lequel vous trouverez toujours de l'énergie. » Et ce, en allant chercher dans tous les domaines de vie : loisirs, activités... « Des choses que vous faites facilement sans réfléchir, pour lesquelles on vous complimente. Cela peut être aussi une passion comme la cuisine. Car travailler sans plaisir, même en effectuant parfaitement les tâches demandées, est révélateur de quelque chose qui ne va pas. »
 
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La quête de sens n'a pas d'âge


Cette quête semblerait davantage perceptible au sein des générations X et Y, plus impatientes que les précédentes. « Désormais, dès que les jeunes mettent un pied en entreprise, si cela ne leur correspond pas, ils vont vite aller chercher ailleurs. Mais contrairement à ce qu'on lit souvent, il ne s'agit pas d'un truc de jeune. Que l'on ait 25 ou 45 ans, le sens est un besoin universel et fondamental qui nourrit un sentiment de plaisir, de contentement, d'utilité », indique Sylvaine Pascual.
 

De spectateur à acteur de sa vie professionnelle


Une évolution qui prend corps aussi depuis quelques années dans le besoin de s'approprier le travail. Une situation à laquelle s'oppose la position de retrait, c'est-à-dire faire ses heures pour toucher un salaire en fin de mois en s'épanouissant au travers d'autres aspects de la vie comme la famille ou les hobbies. « À l'instar des start-up, certains n'hésitent pas à passer 70 heures par semaine pour monter leur entreprise. Ce sont des activités qui mettent l'autonomie, le savoir-faire et l'intelligence au service d'un projet engageant », constate Catherine Paradeise. Cela signifie passer du statut de spectateur à acteur de sa vie professionnelle.
 
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Pas forcément besoin de tout plaquer


Enfin, en cours de carrière, la recherche de sens ne découle pas forcément sur une reconversion professionnelle. « Il est d'abord possible d'essayer d'apporter du sens à son propre travail, note Sylvaine Pascual. Par exemple, je conseille aux commerciaux de proposer leurs compétences commerciales à des sociétés qui vendraient d'autres produits et/ou avec des méthodes différentes plutôt que de vendre n'importe quoi pour faire du chiffre à tout prix contre leur volonté. Il existe parfois également un certain nombre de changements à mettre en place dans sa vie professionnelle. S'il y a notamment trop de tâches administratives ou autres qui éloignent du cœur de métier, il faut alors essayer de déléguer au maximum. » Si rien n'y fait, il est alors certainement l'heure de changer de cap !
 
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La rédaction