Une lettre en trois paragraphes : "moi", "vous", "nous"

En France, les recruteurs restent attachés à la lettre « Moi », « Vous », « Nous ». Un format classique qui ne vous empêche en rien de vous démarquer. Dans un bon courrier, vous parvenez à susciter l’intérêt en vous basant sur des faits. L’exercice permet de prouver que votre candidature n’est pas due au hasard. Conseils pratiques pour concocter une lettre qui ne ressemble pas à celle du concurrent.

1. « Vous » (l’entreprise)


Le chercheur d’emploi est soumis à la même contrainte que le journaliste. Si l’ accroche de sa lettre est insipide, le lecteur passe au texte suivant. Mal renseignés, la majorité des candidats « bla-blatent » des banalités sur l’entreprise.
« Il faut prendre le temps de glaner des informations sur le site internet de l’employeur, à la chambre de commerce ou dans la presse. Sinon, on tombe vite dans des arguments bateau », estime Hélène Vologodsky, consultante en ressources humaines chez Manpower Grenoble.Par exemple, plutôt que :« Leader sur son secteur, votre entreprise m’attire particulièrement… »
Privilégiez :« Vous ouvrez une filiale à Paris et vous êtes à la recherche d’un ingénieur d’application… »
Ce travail de recherche vous permettra aussi de confirmer votre propre intérêt pour la société, ses valeurs, ses produits, sa stratégie…
Si malgré tout, vous disposez de très peu d’informations, - parce que l’offre est anonyme par exemple - commencez directement par parler de vous.

2. « Moi » (le candidat)


« Je suis un professionnel des ressources humaines », « J’ai développé une expertise dans le management d’équipes »,… Et alors ? Pourquoi ? Comment ? Trop souvent, lettre de motivation rime avec déclaration d’intention, quand ce n’est pas « prétention ».
Les recruteurs exigent des preuves. Pour Hélène Vologodsky, « se contenter d’affirmer ses compétences est insuffisant, il faut les démontrer grâce à un exemple très concret tiré de son expérience ».
Vous postulez à un emploi de magasinier ? Très bien. L’employeur souhaite certainement embaucher un collaborateur à la mémoire d’éléphant. Allez droit au but : « Je suis un professionnel de la gestion des stocks. Dans mon précédent poste, j’ai eu à m’occuper de plus de 7000 références ».
Un exemple vaut mille mots. Mais attention à ne pas tout révéler. « Pas plus de deux ou trois exemples, et pas de développements à rallonge, conseille la consultante de Manpower. Il faut garder de la matière pour un éventuel entretien ! »

3. « Nous » (le projet)


C’est le paragraphe qui aborde le projet de collaboration, celui qui va « titiller » le recruteur et lui donner envie de décrocher son téléphone
Pratiquez le « teasing », en évoquant brièvement une méthode (ou technique) que vous connaissez, et dont l’entreprise a besoin. Exemple : « Un de vos collaborateurs, rencontré lors du dernier congrès RH de Paris, m’a confirmé son intérêt pour les outils de formation intranet que j’ai mis en place chez mon employeur actuel. Je serai ravi de pouvoir vous les exposer lors d’un entretien ».
Avec une telle proposition, c’est sûr, le DRH voudra en savoir plus. Un seul moyen pour satisfaire sa curiosité : vous convoquer en entrevue.

La rédaction