1
réaction

Chercheurs d'emploi en situation de handicap : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans oser le demander

Parler de son handicap ou pas en entretien d’embauche, Poste réservé ou pas aux travailleurs handicapés, vers qui se tourner en cas de discrimination… Des experts répondent ouvertement aux questions que vous n’osez peut-être pas poser.

>> Question : Une offre d'emploi peut-elle préciser "poste ouvert à une personne handicapée" ?

OUI

Effectivement, une annonce peut mentionner cette précision et même donner quelques détails sur la politique Handicap de l’entreprise. En revanche, il est formellement interdit d’apposer la mention "poste réservé à un travailleur handicapé". « Restreindre une offre à une catégorie de population relève de la discrimination positive interdite en France », insiste François Bénard, responsable recrutement et repositionnement professionnel au sein du cabinet JLO emploi.

 

>> Question : Suis-je obligé de parler de mon handicap en entretien d’embauche ?

NON

Reconnu travailleur handicapé ou pas, rien ne vous oblige à dévoiler votre handicap lors du processus de recrutement. Sur votre CV ou lors des entretiens. « Le faire relève d’une démarche volontaire et personnelle », précise François Bénard. En fait, le problème n’est pas tant d’en parler que de savoir comment va être perçue l’information par le recruteur. Sur le sujet, tout est possible. Un recruteur peut prendre ses jambes à son cou (enfin sans vous le dire ouvertement) et zapper votre candidature. Souvent par peur et ignorance, il s’imagine le pire. Autre cas de figure : un recruteur a priori sensible mais novice sur le sujet. Avec celui-là, ne rentrez pas dans les détails médicaux de votre handicap. Contentez-vous de le rassurer sur vos compétences et expliquez lui clairement les éventuels besoins d’aménagement voire les restrictions. Enfin, troisième profil d’employeur : ceux des entreprises handi-accueillantes. Ces dernières participent en général à des salons (virtuels ou physiques), animent des tchats, des conférences sur l’emploi des personnes handicapées. Donc, avec elles, vous pouvez jouer franc-jeu. Elles prennent même d’ailleurs souvent les devants lors de l’entretien de pré-sélection. « Pour savoir si une entreprise mène une vraie politique Handicap, vous pouvez par exemple interpeller le chargé de mission handicap sur les réseaux sociaux. Demandez-lui franco si avec votre handicap, il est opportun de postuler dans son entreprise », recommande Stéphane Rivière, président et fondateur de Talentéo.

 

>> Question : Aurais-je la même évolution de carrière que mes collègues valides ?

OUI

Enfin, normalement oui. Car à en croire une récente étude sur la santé et la qualité de vie au travail des personnes en situation de handicap menée par Ariane Conseil (octobre 2015), 25 % des travailleurs handicapés interrogés indiquent que leurs perspectives d’évolution et de promotion sont adaptées. « Si, dans une équipe, tous les collaborateurs ont une mobilité professionnelle sauf les travailleurs handicapés, cela peut en effet relever d’un cas de discrimination », atteste François Bénard. Certaines entreprises, notamment les plus actives sur la politique Handicap (la SNCF par exemple), sont d’ailleurs particulièrement vigilantes sur ce sujet de non discrimination dans les parcours professionnels.

 

>> Question : En cas de discrimination, ai-je des recours ?

OUI

Et ils sont de différentes natures. Les partenaires sociaux, la Mission Handicap, les ressources humaines et le médecin du travail sont les premiers interlocuteurs à alerter sur le sujet.  « Vous pouvez également rédiger des posts sur les réseaux sociaux en indiquant ce qui ne fonctionne pas sur le sujet dans votre entreprise. Les employeurs sont sensibles à leur réputation, elles se saisiront alors du problème », conseille Stéphane Rivière de Talentéo. Si malgré ces signaux d’alerte, rien ne bouge en interne, vous pouvez saisir le Défenseur des droits. Et vous ne seriez pas le seul. Le handicap constitue 20,8 % des réclamations adressées en 2014 à l’institution en matière de discrimination. Plus de 7 % d’entre elles portent sur l’accès à l’emploi public et privé. « La saisine peut se faire en ligne, ensuite vous devrez justifier votre demande mais la charge de la preuve appartient à l’employeur. Ce sera à lui de prouver qu’il n’y a pas eu discrimination », détaille François Bénard.

 

>> Question : Dois-je obligatoirement me lancer dans une démarche de reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH) ?

NON

Effectivement, avoir un handicap n’impose pas de demander une RQTH à tout prix. Cette démarche administrative reste volontaire et personnelle. Aucun employeur (ni personne d’autre d’ailleurs) ne peut vous y contraindre. Cela étant, avoir une RQTH présente différents avantages dans le cadre du travail. D’abord, « si le salarié a une RQTH, l’entreprise a le devoir de trouver une solution de compensation de son handicap dans les limites acceptables. Il n’y a pas de notion de coût mais de limites organisationnelles », explique l’expert de JLO Emploi. . Donc, vous serez plus à l’aise pour travailler et votre santé sera prise en compte dans l’exercice de vos fonctions. Autre avantage : en cas de licenciement, la période de préavis est doublée (dans la limite de 3 mois). Enfin, avec une RQTH, vous participez au taux d’emploi de personnes handicapées de votre entreprise. La loi impose en effet aux établissements de 20 salariés et plus de compter 6 % de travailleurs handicapés. Dix ans après le vote de la loi handicap, ce taux n’est que 3,1 % dans le secteur privé. Du coup, les entreprises assujetties à cette obligation d’emploi sont en général friandes des RQTH. Mais attention, avoir une RQTH en entreprise ne présente pas que des avantages. Olivier*, cadre dans une banque mutualiste, estime que sa RQTH bloque son avancement de carrière. À poste équivalent, compétences égales et date d’arrivée concomitante, ses collègues valides seraient promus et pas lui. De ce fait, il compte abandonner sa RQTH dès que possible. Une RQTH est attribuée pour une durée de 1 à 5 ans renouvelable ou pas.

 

>> Question : Si j’ai besoin d’un aménagement de poste, c’est mon employeur qui règle le coût des dépenses ?

OUI

Effectivement, les dépenses liées à la compensation de votre handicap (si vous avez une RQTH) sont à la charge de l’employeur. Si ce dernier est assujetti à l’obligation des 6 % mais n’atteint pas ce taux, il paie alors une contribution à l’Agefiph. C’est cet organisme qui octroie des aides financières à l’entreprise. Maintenant, si votre entreprise est régie par un accord Handicap, elle ne verse plus de contribution à l’Agefiph. Les sommes dues alimentent le budget de la Mission Handicap interne. Dans ce cas, le coût de l’aménagement de poste est pris en charge sur ce budget. Enfin, si votre entreprise compte moins de 20 salariés, elle n’a donc pas d’obligation d’emploi de travailleurs handicapés. Elle peut toutefois se tourner vers l’Agefiph pour obtenir une aide à l’aménagement des situations de travail et à la compensation du handicap. Quelle que soit la situation, vous n’avez rien à débourser.

 

              

 

 

Vos réactions (1 Réaction)

  • AKIL Mohammed

    Mécanicien Monteur et Magasinier Cariste

    Lettre de motivation

    Mon expérience dans le métier, ainsi mes expériences me permettront d'être polyvalent. Je sais assurerien et contrôler la production, respecter les consignes et règles de sécurité.
    Aussi, je suis une personne sérieuse, réactive et qui apprécie le travail en équipe.

réagir à cet article

* Champs obligatoires.

  • ?Votre e-mail ne sera pas visible.
  • ?Votre nom apparaîtra avec votre réaction et pourra ressortir sur les moteurs de recherche. Cultivez votre e-réputation avec votre nom complet ou protégez votre identité avec un pseudo.

  • Le texte est limité à 750 caractères