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Dire non à son chef et à ses collègues, ça s'apprend !

Vous enchaînez les grosses journées de travail, vous avez à peine le temps de déjeuner ou vous vous retrouvez dans des situations que vous n’avez pas provoquées ? Il est très probable que vous ne sachiez pas dire non. Bonne nouvelle, ça s’apprend. Voici quelques conseils à appliquer d’urgence.

Dites non en étayant avec des faits

« Les personnes qui ne savent pas dire non sont généralement celles qui ont besoin d’être entourées, de sentir qu’on les aime. Or, dire non peut être positif et parfois même nécessaire », explique Benoît Kallel, consultant externe en management pour Demos et directeur général de T-Lead Consulting.

Si vous n’êtes pas d’accord avec les méthodes ou les stratégies employées par vos supérieurs hiérarchiques ou si vous ne pouvez pas vous occuper d’un dossier supplémentaire, le mieux reste d’en parler à votre N+1. « Les managers ont besoin d’avoir un feedback sur ce qui va et ce qui ne va pas. Du moment que vous apportez des éléments factuels et constructifs pour justifier votre désaccord, ils apprécieront », précise Benoît Kallel.

Confrontez-vous à vos peurs

La méthode pour dire non à votre chef ou à vos collègues reste la même. Seuls les enjeux et les craintes sont différents. Lorsqu’il s’agit de votre supérieur, c’est la peur de perdre votre travail qui surgit, tandis que face à un collègue, vous craignez d’altérer votre relation et d’engendrer une mauvaise ambiance de travail. « Ces risques sont réels mais souvent surestimés », explique Raphaël Georges, psychologue, coach et consultant. Et d’ajouter : « ceux qui ont atteint des positions hiérarchiques intéressantes dans l’entreprise, ainsi que les collègues qui sont appréciés, sont ceux qui n’ont pas eu peur de dire non. »

En ce sens, dire non n’est pas un défaut mais bien une qualité. Pour vaincre cette peur, le mieux reste de s’y confronter. Et cela commence par des exercices simples à pratiquer au quotidien. « Oser dire non se travaille tous les jours pour ne pas tomber dans la soumission et la victimisation. Vous pouvez, par exemple, entrer dans un café et demander un verre d’eau. Si votre boulanger vous donne une baguette trop cuite, vous pouvez aussi lui en demander une autre », préconise Michel Bernard, formateur en ressources humaines et coach.

Prenez votre temps avant de répondre

Pour éviter de vous laisser entraîner, malgré vous, à accepter des missions que vous ne pouvez pas gérer, ne soyez pas impulsif. Différez votre réponse. « Il faut mesurer les conséquences sur sa charge de travail et faire le tour de ses besoins pour ne pas arriver au burn-out », explique Michel Bernard. Prenez le temps de réfléchir, même quelques minutes.

Si vous êtes obligé de répondre dans l’immédiat, Raphaël Georges conseille une autre méthode. « Pour vous laisser du temps, réfléchissez à voix haute en reformulant la question posée, ses enjeux, les alternatives qui se présentent à vous et leurs conséquences. C’est une technique utilisée par les hommes politiques face à une question délicate ».

Par exemple, si vos collègues viennent vous voir en disant « Vous êtes vraiment compétent pour ce dossier », vous pouvez répondre : « Merci de ce compliment, mais j’ai déjà beaucoup de dossiers à gérer, j’ai d’autres priorités et je ne suis pas en mesure d’en prendre plus ». Il suffit donc de dire les choses de manière naturelle en apportant des éléments factuels.

Affirmez-vous sans vous imposer

Dire non, c’est aussi s’affirmer en exprimant aux autres ses valeurs, ses opinions, ses émotions et ses limites pour les faire respecter. Cela suppose que vous soyez à l’écoute de vous-même et de vos besoins.

Pour Raphaël Georges, l’une des méthodes les plus efficaces est la méthode JEEPP :

  • J pour je, en commençant sa phrase par « J’aimerais, j’apprécierais, je souhaiterais… »
  • E pour empathie, en tenant compte de l’autre : « Je comprends mais j’aimerais… »
  • E comme émotions, en indiquant les vôtres : « Je suis gêné d’avoir à refuser… » et celles de l’autre : « Je comprends que ça te mette dans une position difficile… »
  • P comme précis, c’est-à-dire direct : « Je ne peux pas accepter ta demande »
  • P comme persistance : si votre interlocuteur insiste, répéter en alternant avec l’empathie : « Non, je comprends que tu sois débordé, mais moi aussi j’ai beaucoup de travail et je ne peux pas m’occuper de ce problème ».

« Il faut savoir exposer son point de vue avec détermination et calme, sans détour et en respectant les valeurs de l’autre. C’est la seule manière de s’affirmer tout en gardant des relations saines avec une personne à long terme », conclut Raphaël Georges.

Vos réactions (1 Réaction)

  • Ysatis

    Employée Crédit mutuel

    Harcèlement

    Bonjour
    J ai lu votre article car je suis confrontée à du harcèlement au sein de mon équipe. Ayant du subir une opération suite a un cancer je me suis vu reprocher mon arrêt de travail en me disant que j avais eu un arrêt de complaisance. Je suis a bout. J ai du justifier mon arrêt à mes collègues et même en restant posée calme elles sont toujours aussi désagréables .... Il ne suffit donc pas de savoir dire stop et non....

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