Comment les recruteurs évaluent votre anglais en entretien d'embauche

Selon le job auquel vous postulez et le niveau d’anglais qui est requis, les recruteurs useront de différentes techniques pour évaluer vos compétences. Voici à quoi vous devez vous attendre.

Les questions des recruteurs pour tester un niveau basique


Pour un poste nécessitant un niveau basique, c'est-à-dire l’échange de mails et la tenue de conversations occasionnelles, « je vais m’assurer des connaissances linguistiques du candidat en abordant ses loisirs, ses derniers voyages ou le dernier livre qu’il a lu, témoigne Eric Abdelhamid, directeur Hudson Grand Sud. Je cherche à tester sa capacité à pouvoir comprendre et faire passer un message professionnel ». De son côté, Florence Paul-Leblache, responsable chez Talent People, n’hésite pas à tester les candidats dès le premier contact téléphonique. « J’évalue d’abord les candidats par téléphone pour estimer, dans un premier temps, leur niveau et voir s'il correspond à ce qui est indiqué sur leur CV. Puis, j’apprécie leurs aptitudes à l’écrit grâce à un test. À ce stade, les entreprises peuvent accepter un anglais relativement basique avec un vocabulaire assez limité. En revanche, elles n’intégreront certainement pas une personne inhibée, incapable de prononcer plus d’une phrase ». Autre technique de Florence Paul-Leblache : interroger, en anglais, la logique du parcours du candidat. « Je vais par exemple l’interroger sur sa manière de travailler au quotidien et voir si son expérience correspond aux attentes de l’employeur en lui posant des questions sur ses réalisations professionnelles, ses réussites, ses échecs…. Cela servira aussi à vérifier que son état d’esprit s’adaptera bien au type de management de l’entreprise », illustre-t-elle.
"Les scores du Toefl et du Toeic ne sont pas nécessairement révélateurs de la manière dont les candidats s'expriment. D'où l'importance de l'entretien."

Pas de mensonges avec les tests informatiques


Lorsque la pratique de l'anglais sera requise dès votre prise de poste ou en cas d'évolution professionnelle, attendez-vous à passer des tests écrits, que ce soit avec  les cabinets de recrutement ou les recruteurs en entreprise... Chez KPMG par exemple, « nos candidats passent un test d’anglais d’environ une heure sur ordinateur qui comprend une partie écrite ainsi qu’une partie de compréhension orale », témoigne Sylvie Bernard-Curie, directrice des ressources humaines. Inutile, donc, de surévaluer vos connaissances linguistiques sur votre CV, au risque de jeter le discrédit sur toute votre candidature. Florence Paul-Leblache propose également à ces candidats de se confronter à un test écrit : « au menu de ce test : des textes à trous pour évaluer votre grammaire ou des recherches de synonymes pour tester votre vocabulaire.  Pour la compréhension orale, l’écoute d’un texte sera suivie par des questions à choix multiples. »
Enfin, les recruteurs analyseront vos scores obtenus aux tests du Toefl ou du Toeic. « Si ceux-ci offrent une bonne idée du niveau écrit, ce n’est pas nécessairement révélateur de la manière dont certains candidats s’expriment. D’où l’importance de l’entretien », tempère Florence Paul-Leblache.
 

Savoir ajuster son discours à son interlocuteur


Plus les exigences s’accentuent, plus l’examen de votre niveau de langues portera sur des compétences variées : réalisation de dossiers, capacité à prendre la parole en public, mener une conversation commerciale… « Le candidat a-t-il les compétences pour s’adresser à des collaborateurs de différents niveaux ? Banquiers, ingénieurs, commerciaux… Il très important d’arriver à moduler son message en fonction de son interlocuteur. Dans ce cas, je ne vais pas m’arrêter au jargon technique mais bien vérifier la capacité du candidat à s’exprimer dans un langage soutenu en lui posant des questions sur des missions précédentes réalisées dans un contexte anglophone. Ou alors, en examinant des dossiers écrits qu'il aurait pu effectuer », note le directeur Hudson Grand-sud. « Chez KPMG, nous pouvons, par exemple, leur soumettre un business case en anglais qu’ils préparent pendant 45 minutes avec un débriefing oral par la suite », témoigne Sylvie Bernard-Curie. Un commercial en charge de développer un réseau à l’étranger devra, pour sa part, démontrer la capacité à parler parfaitement de ses réalisations. « Plus on monte dans les fonctions exécutives, plus les recruteurs iront chercher le sens de la nuance et s’assureront que les messages soient bien perçus. Les entretiens pourront alors se réaliser uniquement en anglais », conclut Eric Abdelhamid.
 
Les phrases qui rassurent
 
 
“My English is not my best point but I am working on it.”
“When I’m talking to someone and I don’t understand, I send him an email to be sure we have checked every point of the conversation.”
“I really want to progress in working in an international environment like yours.”
“I have already worked/lived in an English-speaking context.”

La rédaction