Comment se présenter quand on est en recherche d'emploi ?

En rencontrant de nouvelles personnes, il peut être difficile de répondre à la question "que fais-tu dans la vie ?", quand justement on cherche un nouvel emploi, et que la situation s’éternise. Notre identité tournant souvent autour de notre activité professionnelle, il est important de savoir quoi répondre, et surtout comment le dire.

S’il n’existe pas de recette miracle étant donné la diversité des situations possibles, certaines astuces peuvent vous aider à répondre sans gêne ni honte aux questions sur votre situation professionnelle lorsque vous n’avez pas de poste. Et pourquoi même ne pas donner un coup de pouce à votre recherche d’emploi par la même occasion. Car comme le rappelle Ana Fernandez, coach professionnelle et dirigeante d’Energycoaching : « quelles que soient les circonstances dans lesquelles vous rencontrez quelqu’un, au cours d’un dîner ou d’une réunion familiale par exemple, il peut s’agir d’un facilitateur potentiel dans votre recherche d’emploi. Il faut donc que votre discours de présentation soit rôdé. »
"Vous serez surpris du nombre de portes que votre honnêteté et votre capacité à synthétiser pourraient vous ouvrir."

La première impression en une phrase


« Ne commencez pas par dire "je suis à la recherche d’un poste", car vous risqueriez de perdre l’intérêt de la personne en face de vous. On a tous un métier, une fonction. Commencez par ça », recommande Ana Fernandez. Certains choisiront d’annoncer qu’ils se trouvent entre deux postes pour le moment, ce qui peut convenir, mais encore une fois, l’idéal est de ne pas commencer par là. Dites plutôt "Je suis assistant marketing, mais je suis actuellement à la recherche de nouvelles opportunités suite à une démission/une rupture conventionnelle/un licenciement économique…"
 

L’"elevator pitch", outil indispensable


Bérangère Touchemann, coach carrière, conseille d’avoir recours à la boîte à outil qu’est l’elevator pitch, « ce résumé de ce qu’on souhaiterait dire sur soi pour atteindre ses objectifs professionnels, à adapter en fonction de la situation et de la cible. » Ce petit discours d’une trentaine de secondes doit aller à l’essentiel et répondre à trois questions : qui êtes-vous, que faites-vous et que cherchez-vous ? « C’est un plan passé-présent-futur, explique Bérangère Touchemann. Vous devez être le plus clair possible et vulgariser au maximum, car lorsque vous aurez expliqué ce que vous cherchez, la réaction naturelle de votre interlocuteur sera d’avoir envie de vous aider. » Dites par exemple "Je m’appelle Untel, j’ai 5 ans d’expérience dans les ressources humaines. J’accompagne les entreprises dans la gestion de leur personnel, et je suis actuellement à la recherche d’une entreprise dans laquelle je pourrais passer un entretien." Vous serez surpris du nombre de portes que votre honnêteté et votre capacité à synthétiser pourraient vous ouvrir.
 

Un sentiment de honte à bannir


D’après Nadia Tandéo, psychanalyste et coach spécialiste de la gestion de carrière et de la reconversion professionnelle, « le problème, c’est que certains chercheurs d’emploi ressentent le besoin de s’excuser de leur situation. Il ne faut pas croire que la personne qui vous pose cette question va automatiquement tomber dans le jugement. Assumez qui vous êtes, ainsi que vos difficultés. Le fait de ne pas avoir de travail ne doit pas devenir dévalorisant. » Répondre avec le sourire au lieu de tomber aussitôt dans le désespoir changera automatiquement la réaction de votre interlocuteur qui, au lieu de vous plaindre ou se trouver gêné, pensera peut-être à une opportunité dont il a entendu parler qui pourrait vous convenir, ou du moins restera à l’affût de telles occasions à l’avenir en vous gardant à l’esprit.
 

Et si cela dure ?


« Plus le temps passe, plus la confiance en soi diminue, et plus il est compliqué de se présenter, reconnaît Ana Fernandez. D’où l’intérêt de continuer à faire des choses, d’avoir des activités qui renforcent votre confiance et booste votre moral. » Des activités qui vous permettront aussi de continuer la conversation une fois les questions professionnelles passées. « Cela demande d’être préparé, éventuellement de travailler avec un interlocuteur extérieur dans un organisme qui accompagne les candidats, comme Pôle emploi, suggère Françoise Bordet, directrice de l'orientation et de l'insertion à l’Essca. Il ne faut pas nier que c’est difficile et que cela incite à se poser des questions, mais avoir une activité physique ou associative aide énormément. Cela prouve que vous savez tirer des bénéfices de votre période de chômage. » Vous démontez ainsi le cliché du chercheur d’emploi qui tourne en rond chez lui, désemparé, et évitez de mettre mal à l’aise vos interlocuteurs.

La rédaction