Les mots à bannir de sa lettre de motivation

Certains mots ou tournures de phrase font fuir les recruteurs. Voici la liste des termes et des formulations à proscrire pour éviter que votre lettre agace et ne finisse à la corbeille.

L’introduction passe-partout


Débuter sa lettre en écrivant « pour faire suite à votre annonce », ou « votre annonce m’a beaucoup intéressée » ne sert à rien. « Si quelqu’un répond à une annonce, c’est bien qu’il est intéressé », souligne Michel Vanoverberghe. Selon le directeur du bureau nantais de RH Partners, il faut mentionner l’annonce en question dans l’objet de la lettre puis d’emblée entrer dans le vif du sujet.
 

Ne passez pas la brosse à reluire


« Votre entreprise est leader dans son domaine » ou « reconnue sur son marché »… Pour Christelle Conte, ces tournures sont « faciles, trop floues et sentent le copier-coller. On les a lues des centaines de fois », remarque la consultante en recrutement chez Manpower. Évitez aussi les formules complaisantes, comme « consommateur de vos produits depuis des années », qui ne démontrent en rien votre intérêt pour l’entreprise.
 

Je, je, je…


Si la lettre de motivation sert à présenter sa candidature, ce n’est pas non plus une autobiographie. Commencer tous ses paragraphes par un « je » dénote que le candidat est centré sur lui-même, limite égocentrique. Trop nombreux, ces « je » laisseront penser que son auteur « ne témoigne pas d’un intérêt suffisant pour l’entreprise », observe Michel Vanoverberghe.
 

Chassez les clichés


Être dynamique ou motivé ne constitue pas une qualité en soi. C’est même très banal : qui n’est pas motivé lorsqu’il postule à un emploi, ou qui s’avouerait paresseux ? La performance, elle, ne se décrète pas. Il faut la prouver à l’aide de résultats tangibles ou de chiffres précis.
 

Les tournures de phrase doivent être actives et positives


Les formes passives et négatives sont à proscrire. Il faut positiver. « N’écrivez pas : je ne suis pas disponible jusqu’au 30 avril. Mais plutôt : je suis disponible à partir du 1er mai », conseille Christelle Conte. Dans le même ordre d’idées, remplacez « je n’ai pas pu » par « j’ai tenté de », ou « on m’a demandé de » par « j’ai mis en place ».
 

Conjugaison : ni conditionnel ou impératif


Conjuguez les verbes au présent, qui est le temps de l’action. Ne dites pas « je souhaiterais » mais plutôt « je souhaite ». Le conditionnel marque en effet « une certaine frilosité et témoigne d’un manque de confiance en soi », indique Michel Vanoverberghe. À l’inverse, l’emploi de l’impératif est déconseillé, surtout si vous vous projetez dans votre futur poste. Le recruteur ne doit pas avoir l’impression que vous lui forcez la main.
 

Les formules de politesse d’un autre siècle


Présenter ses hommages, témoigner son respect, ou exprimer ses sentiments les meilleurs, ne sont pas bienvenus. Mieux vaut s’en tenir aux classiques « salutations distinguées ». Dernier détail : vérifiez la correspondance entre votre formule de politesse et votre en-tête. « On reçoit beaucoup de lettres adressées à une madame mais qui se concluent par une formule destinée à un monsieur », observe Vanoverberghe.
 

Titre de l'appart


La lettre de motivation qui retiendra l’attention d’un recruteur doit être claire, concise et logique. Elle doit aussi contenir certains mots-clefs qui feront tilt dans la tête du lecteur. « Les mots qui percutent le plus sont les verbes d’action du premier groupe », indique Michel Vanoverberghe, consultant en recrutement chez RH Partners. Par exemple : décider, manager, animer, collaborer, convaincre, organiser, mettre en œuvre, diriger, impulser, optimiser,…
Par ailleurs, chaque métier requérant des compétences spécifiques, chaque profession possède son propre jargon. Un graphiste n’utilisera donc pas les mêmes termes qu’un expert-comptable. Le premier doit parler d’imagination, de créativité, de force de proposition. Le second mettra plutôt en avant sa rigueur, sa minutie ou son sens de l’organisation.
Dans tous les cas, « il faut utiliser ses propres mots, rester sobre et éviter les clichés », insiste Christelle Conte. Recruteuse chez Manpower, elle considère la sincérité comme la première qualité d’une bonne lettre de motivation. « Les meilleures lettres sont celles qui sont personnalisées, ajoute-t-elle. Elles montrent que le candidat s’est renseigné sur l’entreprise et qu’il a un vrai projet professionnel. Mais elles sont plutôt rares », regrette la jeune femme.

La rédaction